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Blog mis à jour: 31/07/2008 0:33



   Kost_Les chiens Glabres  0 commentaire
[31/07/2008 0:30]

I

Les grands chiens malades émigrent souvent vers la poussière. Gunther en est. Gunther est l'un de ces chiens à poils. Gunther rampe alors que la chienne blanche le regarde, il rampe vers la berge, là où la poussière est tassée et chaude. Grains de sable moites épris de touffe de sang séché, tu connais? Tu connais ça Gunther? La chienne matte Gunther et le museau de Gunther dans le sable sent la poubelle. Peau de banane. Les colliers de cuir sont passés au trou. Beaucoup de chiens nichent le long de la berge. Parfois, des enfants dorment dans des niches abandonnées. Un enfant à la peau mate bronze là dans le sable à trois pas de Gunther. Gunther avec ses crocs blancs et ses pattes rouges. Les pieds de l’enfant dans le sable chaud. Les grains de sable gris et noir et beige entre les orteils de l’enfant. Un ongle rouge. Gunther bave devant l’enfant. Gunther se couche et dort à côté de l’enfant en attendant qu’il se réveille et lui passe les doigts dans les poils de la nuque. Gunther ferme les yeux et sent les doigts de l’enfant qui frottent et détachent et décollent les touffes de poil plaquées de sang séché. Gunther rêve de doigts d’enfant. Paupière battante, vibration de cils, mouvement d’épaule et la tête se retourne : l’enfant réveillé couché dans le sable à côté de Gunther regarde Gunther dormir, sans un mot, sans un souffle, caresse les poils entre les oreilles, décolle des touffes rouges brunâtres.

Sur fond de contact, ils chantonnent et c’est clair et bon. Intelligible. Bon pour l’oreille, bon pour le repos. Juste des faits. Juste les faits de ceux qui les écoutent. Des chiens assoupis, truffes dans le sable, oreilles dressées pointées vers les gosses qui racontent, parfois les oreilles plient et retombent pour cause de sommeil trop pesant. L’enfant raconte bien. Les chiens ne veulent pas dormir. Les enfants content les faits des chiens jusqu’à ce qu’ils reviennent et s’assoupissent, sang contre sable, doigts qui traficotent et dénouent les pelotes de poil de la journée, contes simples, juste des faits, des faits cohérents qui rendent les journées simples et bien remplies.

Chuchote à l’oreille de Gunther. Nico, blanche et glabre et blafarde mais belle. Nico observe certains chiens sur la rive. L’enfant parle à l’oreille de Gunther et glisse à quel point Nico insiste de ses paupières pesantes sur la présence de Gunther, le soir. Toute la journée Nico attend sur la rive ou à l’ombre sur la rive, avec les autres chiens glabres et les enfants qui dorment avant de parler aux chiens de leurs faits de la journée. En sursaut entre deux rêves l’enfant ouvre les yeux et aperçoit Nico patiente face au vent, Nico cligne des yeux dans les rafales de grains de sable soulevés par le vent. Nico attend Gunther et l’enfant le sait et le dit à Gunther, c’est comme ça toute la journée, c’est comme ça tous les jours. Gunther doit croire l’enfant parce que l’enfant lui sait que Nico attend Gunther. Même si les enfants dorment la journée sur la rive avant de parler aux chiens qui reviennent. Même si les enfants ne se réveillent pas avant le retour des chiens en fin de journée. Même s’ils ne se grattent que la nuit. Cet enfant là se réveille le jour. Il aperçoit Nico qui guette le retour de Gunther lorsqu’il se réveille le jour. Il ne se gratte que la nuit, comme les autres enfants, mais il se réveille le jour, lui, et il aperçoit Nico et l’observe. Il le promet à Gunther.

La chienne a faim. Les taches roses sur son ventre vont et viennent au rythme de sa respiration, sa langue sêche pend et frotte ses canines, le souffle rauque de sa respiration, elle regarde au loin. Du sable crisse dans ses dents. Ses coussinets roses calmes. Elle ne rampe plus vers l’eau depuis longtemps, longtemps qu’elle sait que l’eau est salée, imbuvable. Elle ne fait qu’attendre, attendre et voir. Voir les corps brunir sur les plages. Voir les vagues lêcher les pieds des corps mats. Voir les plaies cicatriser au sel au soleil. Voir les taches qui restent des plaies grattées sans cesse. Voir les corps s’activer. Voir les chiens revenir et les corps s’activer se dresser et tendre leurs membres fins. Les doigts grattent la peau. Les ongles décolent les touffes plaquées, brunes, le rouge est sombre. Doucement. Les mentons s’avancent, les lèvres frémissent, des pointes de langues qui effleurent des incisives. Elle voit les bouches qui tremblent et racontent lentement les faits des chiens aux chiens les chiens s’endorment. L’enfant parle à Gunther. Corps blanc, glabre, taches roses par là. Langue rose pend, soif, Nico. L’enfant raconte Nico à Gunther. Le corps pesant affalé sur le sable. Les bras poussent et les doigts glissent et s’enfoncent. La tête lutte pour s’approcher de l’oreille. Les yeux fermés voient les efforts du chiens sensible qui capte la force de l’enfant pour lui faire entendre l’attitude de Nico. Le crâne rasé parle à Gunther. Nico. Et Gunther aujourd’hui ne s’endort pas dès qu’il est couché. Gunther attend la fin de la phrase de l’enfant. Nico, fatiguée, attend le retour de Gunther.

Gunther dort. L’enfant raconte et gratte sous l’œil pudique de Nico pendant la nuit qui passe. Pendant les les récits des faits des chiens. Pendant les interminables caresses des enfants aux chiens tout le long de la rive. Les ongles grattent les plaies et les doigts déposent le sang des plaies dans les poils des chiens. C’est ainsi sur la rive. C’est ainsi la nuit jusqu’à ce que les chiens glabres s’endorment à leur tour. Alors seulement les enfants s’activent et rampent vers ces corps glabres, alors les récits cessent et seul le son des membres qui trainent et rampent dans le sable se fait entendre, seuls les grains de sable crissent sous les ongles et dans les plaies des enfants qui rampent. Au bout des quelques mètres ou dizaines de mètres les enfants rejoignent les corps épuisés et ils ouvrent les bouches et laissent couler la salive qu’ils accumulent depuis le début de la nuit, depuis le début des monologues des faits. Et les corps blancs de s’abreuver dans le silence qui suit. Les corps mats de se vider du jus des faits. L’enfant cette nuit nourrit Nico qui dort sans savoir qu’elle est nourrie par celui qui chuchote à l’oreille de Gunther.
Gunther.

L’œil ouvert l’enfant voit. La chienne voit l’œil ouvert de l’enfant et glapit et l’enfant l’entend, cette fois. Il y a les bandes de sable tout le long des plages, avec des troncs de bois errodés mi-ensevelis et touffes d’herbes qui dépassent dans le vent. Il y a tous ces corps couchés au soleil endormis malgré la chaleur et le sable dans les orifices. Il y a tout ce monde silencieux et statique dans le courant du vent qui transporte des grains d’un corps à l’autre mais il y a aussi l’enfant l’oeil ouvert et Nico qui se scrutent pour la première fois. Rien à part des grains ne bouge et pourtant il se passe quelque chose dans ces regards partagés. Comme s’ils observaient leur propre regard. Comme s’ils comprenaient qu’il y avait leur regard en plus du silence et du reste. Une chienne glabre s’appelle Nico, elle a glapi et finalement un des enfants endormis a ouvert un œil et maintenant la regarde, l’enfant qui chuchote à l’oreille de Gunther a ouvert les yeux en plein jour et regarde Nico.

Du jus coule dans la bouche. Epuisée, les yeux fermés. C’est maintenant, après tout ce temps, après le long récit des faits, la salive dans les joues dans la bouche se déverse dans la bouche de Nico, long filet de bave épaisse, presque sêche. Nico reprend des forces, l’enfant garde sa tête yeux fermés au dessus de celle de Nico, sa bouche entrouverte au dessus de celle de Nico. Et le silence qui assiste le repas quotidien, le silence pour la première fois oublié au moment où l’enfant concentre ses forces pour doucement refermer des lèvres et sectionner le flux continu de bave avant de les rouvrir et laisser s’échapper le reste des réserves et Nico qui sent la différence et soulève comme elle peut ses paupières et voit la tête de l’enfant yeux clos. Le silence pour la première fois oublié. La salive ne coule plus, les joues vides, l’enfant lève la tête et la tourne au ralenti en direction du chien couché plus loin juste là et l’enfant qui tout à coup dans un effort qui se suffit écarte ses mâchoires et rompt le silence. La bouche frêle et vide prononce et c’est à peine audible.
Gunther.

La nuit prochaine. Peut être la nuit prochaine. L’enfant sera parti et ce sera le jour. Si la nuit prochaine lorsque Gunther arrive de derrière les dunes l’enfant n’est plus là. Elle voit déjà ses griffes racler le sol et les poils de ses cuisses laisser des traces, ranyures dans le sable derrière elles. Elle voit les paupières lourdes qui précèdent le corps épaix dans son ultime effort. Elle voit la masse s’approcher et la dominer de toute sa taille, elle se voit impressionnée par cette masse qu’elle n’a jamais vu que de loin, elle la voit s’effondrer sur elle de tout son poids la pénétrer de son membre large inusé. Elle sent déjà un souffle rauque dans son oreille, la vie rentrer en elle avec le râle qui la hante depuis que sa mère, elle voit pour la première fois sa mère. Elle réalise soudain qu’elle vient d’une autre, une autre a attendu le départ d’un enfant pour accueillir en son sein le membre d’un mâle. Un Gunther. Demain, si l’enfant n’est pas là, demain Gunther viendra se coucher sur elle. Demain elle saura peut être quelque chose qui lui vient d’avant. Elle se calme, pour l’heure elle se calme, elle ne s’est plus sentie aussi agitée depuis longtemps, elle ne se rappelle plus quand. Elle s’endort, demain peut être, pour l’instant elle s’endort.

Tu sais pas cacher ton visage tout la journée hein.
La grève reflète la personnalité et les désirs de ses occupants.
A part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse.
une langue plus raide

Des doigts plongent dans la boue, boue grise ou beige de sable et d’argile, des doigts dans la boue et de petits cailloux crissent sous les ongles au bout des doigts là où la peau s’effrite à racler de la pierre. Pâte lourde. Lourde dans la main. L’enfant couché dans l’eau a de l’eau qui lui rentre dans la bouche, avec du sable qui flotte et voyage avec l’eau, là où va l’eau, dans sa bouche. Son corps à moitié immergé, les membres qui s’enfoncent petit à petit dans le sable à force de vagues qui s’écrasent et l’encerclent sur le bord de la plage, comme tous les jours. Beaucoup des enfants présents sont comme ça, au bord de l’eau, la tête flottante, yeux mi-clos ou fermés au soleil qui tape sur des paupières inertes, cercle jaune sur fond de voile rouge et le sel de l’eau qui irrite le palais, petits crustacés retirent des grains de sable entre des molaires. Toute la journée, sans attendre, juste vivre comme ça, au soleil, puis dans la nuit, à raconter des hsitoires vraies aux chiens, à abreuver d’autres chiens avant le petit matin, à l’aurore, pour que ça tourne.

Certains rêvent la nuit du grand raid. Tous se regroupent, les enfants rencontrent les enfants, les chiens glabres se réunissent et plus imposant est la meute des chiens à poils, ceux qui lancent le départ, eux connaissent le chemin, les enfants en derniers suivent les traces de la masse canine qui a filé derrière les dunes, la course est terrible. Plus rien ne reste sur la plage, les rives sont désertes, il ne reste que des branches cassées ou des troncs, du sable et des crabes qui cherchent l’ombre, des empreintes de disparition. A la recherche, de l’autre côté des dunes, là où les chiens vont la journée, là où se passent les choses que les enfants rappellent la nuit. Le grand raid. Celui qui engage tout le monde. Tous ces êtres qui courent et filent ensemble, une seule masse, longue, fluide, décidée, consciente. Certains en rêvent la nuit et y pensent le jour. Des enfants pensent le jour couchés brûlants, ils pensent au grand raid et ne pensent qu’à ça alors que les autres ne pensent pas dorment ou respirent, simplement, alors que le soleil tape et qu’ils ont chaud, sans le savoir, cuisent au soleil pas loin d’autres qui revoient toujours cette même scène de cortège unique, éternel, fuyant, s’accrochent à cette idée et ne voient que ça, en oublient les chiens et les chiennes, les faits et la salive qu’ils laissent s’écouler sans penser, les désirs de ses occupants. La grève reflète la personnalité et les désirs de ses occupants.

L’enfant garde un œil ouvert pour voir Nico. Les gestes de son muscle occulaire sont lents, sa paupière lourde, mais il se sent vif, bien plus vif. Son œil travaille pour changer de cible. La mise au point est lente, l’au-delà de Nico est flou, dans le flou une ombre bouge, son regard s’adapte. Loin, bien plus loin que Nico, l’enfant voit un chien debout qui marche. Une ombre derrière Nico marche et l’enfant ne sait pas d’où il tient ça mais il sait que c’est un chien errant qui marche, un chien errant. Nico a peur, Nico voit le regard de l’enfant concentré derrière elle et elle ressent de la peur, inexplicable.

Certains enfants ont des plaies bien plus croutées et boursoufflées. Des chiens aboient, ils hurlent. Ce sont les molosses. Masse de muscles à poils mi-longs flanquée de pattes épaisses et lourdes, les griffes trainent dans le sable et les empreintes sont profondes. Des dogues semblables à Gunther mais qui marchent au loin et parfois gueulent. De loin des chiens gueulent, de près on ne les voit pas, jamais. Maintenant les plaies crouttées des enfants saignent, heures les plus froides de la nuit où les plaques de sang séché se craquèlent. Du sang coule sur des enfants. Souffle rauque pas loin, tout près, en silence, bruits étouffés par le sol moelleux. Griffe au fond, lape, arrache avale, vite, avant la fin des récits, avant l’abreuvement des chiennes glabres.

Pas la force de se trainer. La truffe dure, sêche, douloureuse. Coussinets moites et regard brumeux, boîte crânienne chauffante, cerveau vaporeux, respiration lente et souffle irrégulier, couché là dans le sable, juste à côté, à côté d’une pierre bouillante intouchable. Le





   Mon estomac en couleurs  0 commentaire
[31/07/2008 0:29]

Tu me manques. Seulement ça.

Chatouille du ventre. Tout découle si naturellement. Tout est vrai jusqu’à mon estomac. Il faut tout ---------------- e------cr----ir------------------e-------------------------------- .
LE malheeur  est dans la tê te ? je voulais dir e LETTRE, le malheur est dans la lettre.

Ris de moi. Les doigts pleins de parasites. Mes mains sont des araignées. Il faut dessiner. Je dessine mieux quand j’écris. Je crée un livre illustré sans images.
Souvent c’est en noir et blanc. Mon estomac en couleur. Mes mains noir et blanc.
Mon e-s-t-o-m-a-c en couleur. Lignes nettes. Noires. Nette, noires, mais je ne les retiens pas. Les couleurs délimitées. Limites changent à chaque fois. Je ne les retiens pas.

Brouille la vraie image               j’en invente une nouvelle. Plus belle. 


Tu envahis. Le corps aime les sensations désagréables qui le font vivre. Ma tête vivait. MA tête vivait très bien san s toi. Les let tres se rompent et les images ne respirent pas.






   Le monde est rouge  0 commentaire
[31/07/2008 0:29]

Le monde est rouge et les hommes sont gris.


Petit lapin rouge. Homme marié sourit. Je suis/t le lapin rouge qui me montre mon enfant. Homme sourit. J’ai peur qu’ils s’en aillent. Gris sourit. Il me semble triste. Triste dans son costume rouge que le lapin lui a prêté. Plus triste que le gris, le rouge crie sans rien dire. Je n’aime pas le rouge, il ment. Je n’aime pas le gris, il est trop conciliant.

J’ai la tête sous les bras… comme lorsque tu les soulèves bien haut, pour tirer sur mon rire. Je n’aime pas ça.

Je veux la peau fine de ta joue dans ma main droite. Je veux tes cheveux bruns entre les doigts.
J’embrasse ton front du baiser le plus facile. Juste je dépose et fais glisser ma main sur la suite. Je protège la suite avec ton front.

J’ai le ventre qui gonfle et le dos qui se plie. Le bout de mon nombril est pour nous deux. Partage narcissique d’un nouvel homme orgueilleux.

Le monde entier est rouge et les humains sont gris.



Je suis grise aussi… parfois.  Une putin de grise comme tous les autres. Je perds ma couleur dès que quelqu’un me touche. Gardez pour vous les choses normales. Elles puent la maladie.

Mais je n’aime pas être seule. Ne me touchez pas, c’est moi qui vous touche.

Mon mari a gardé le costume rouge. Il crie.
-    Enlève ton manteau ! Je ne t’entends pas !
Il enlève le manteau et le pose sur mes épaules. Alors c’est moi qui hurle le silence et c’est lui qui parle.
-    JE T’AIME !
IL croit qu’il est obligé de parler fort.
Je tire sur l’encombrant et je réponds en même temps :
-    mngnnnnn…gnnnnni…aussi
Le rouge tombe et je répète.
-    Je t’aime aussi









 





   Kost  0 commentaire
[31/07/2008 0:29]

Je me promène entre des quadrillages blancs. Douceur de coton. Résidus de matière grise. Poils sauvages et senteurs de bête. Monde inconnu en expolration. Taches de vie sur fond de repos alourdi. Des trainées de matière végétale et douce qui me frottent ou caressent les épaules et sommets d'oreilles. Rencontre de personne par odeur interposée. À travers les lucarnes, millions de lucarnes de coton façonnées par millions de fils blancs, trame de confort pour nuit assoupie, calme après tempête, repos du guerrier. La visite se termine car à la réalité retour: je finis ma promenade. Je suis au bureau. Je ne suis pas dans ton oreiller. Je suis au bureau. Au bureau. Je me lève et part et court et saute les trente étages pour avaler ce qui m'éloigne de la vie sous cloche. Fuite. À quand ma suite.
Le corps qui parle
Et je mets des mots
Parce que des yeux disent
irrésistible envie de dire ce qui est vu

Le corps: qui parle?
Et je mets des maux
Parce que des yeux visent
Irrésistible envie de dire, qu'est-ce qui est tu?


Lapsus, actes manqués et autres interprétations libres laissent toujours
place à un peu de peur.

Pas trop loin ni trop près.
Où.
Où.
Où va-t-on?

Question qui demande une absence de réponse,
merci




ondine


Je lis des mots et je t'entends. Il est fou pour moi de remarquer à quel
point on peut être pareil. Ça ne te dit rien, mais ces choses que tu écris,
je n'en dis pas plus mais tu ne pourrais me toucher mieux.

Excuse-moi pour hier. J'aurais dû être plus explicite, en fait ce n'était
pas le moment, j'aurais du te le dire, ç'aurait été plus simple.

On a trouvé des gens pour l'appart, on essaie de déménager tout l'appart en
trois soir, cette semaine, dans le but de terminer vendredi soir, dans le
but pour moi d'avoir au moins une journée ce week end rien que pour moi.
J'espère qu'elle sera pour nous. Les jours où je ne déménage pas sont les
jours, en gros, où je vais chez mon psy, mardi et jeudi normalement.


Là j'arrête.
Marre.
Tu dois savoir que je viens de t'écrire tout un mail qui disait bien ce que
je voulais te dire, il s'est effacé parce que j'ai changé de machine.
Ensuite toutes les cinq minutes on me demande un truc, normal je suis au
boulot, mais c'est une torture à savoir que, la tête dans le cul, je me
concentre sur toi et on m'en empêche. Aalors voilà: je change de mode, ça
doit sortir, ça va sortir.
Moins poétique et charmant que toi, plus brut, pas le choix.
Ok: tu me manques.
Je prends le temps qu'il faut pour moi, égoiste mais nécessaire pour que le
monde s'en sorte mieux, le monde à moi. Je prends le temps de déménager,
digérer ma rupture, digérer des sentiments naissants, le temps de me rendre
compte que tout ça commence à faire beaucoup de temps que nous deux on a
déjà une histoire, c'est fou, oui, folie. C'est beau quand tu as raison,
quand tu dis vrai, quand c'est cohérent, quand ce que tu dis est juste.
Viens dans mon ventre.
 Tu écris et me touche au centre. Comment tu écris me touche là au fond,
profond. C'est de l'essence. On a de l'essence en commun, tu ne vois pas ce
que je vois, les vérités sont différentes mais ce qui me pousse à prendre le
temps justement pour moi, à ne pas hésiter à faire un peu patienter
l'histoire, dur dur pour toi parfois j'ai l'impression, ce qui me pousse à
ça c'est de voir ces choses essentielles que je décèle chez toi pour
tellement bien les connaître et plus encore je devrais te voir voir et te le
dire en face pour que tu me suives parce que des choses tellement proches
entre nous font que je crois à des choses et que j'y crois vraiment, au delà
des amours de vacance. Plus de vacance. De l'action, un peu mise en attente
certes, je veux te lire encore, je veux t'écrire et te connaître, pas trop
vite, à la bonne vitesse, sainement.

En attente


Cuisses dorées longues et fines, des boucles entre des doigts et tes hanches ou tes reins dans mes mains, tes billes qui se fixent sur les miennes, ou les paupières qui se ferment en sourire, quand tu es émue ou gênée ou craintive, avec tes lèvres qui se pincent ou ton corps qui s'ouvre avec ce sourire qui montre tes dents qui sourient, et tout ce qui est mignon dans ton corps et tes attitudes, et tout ce qui n'est pas mignon en toi est de la femme. Je veux me baigner dans ton corps. Je veux goûter les arrêtes de tes os, je veux qu'ils fondent sur ma langue pendant des heures. Penser à toi me donne envie de vivre dans le désert des chiens glabres. Là où Gunther et Nico, là où l'enfant et les chiens errants vivent, là où il n'y a rien d'autre qu'un désert qui existe.

Couchée endormie elle s’en rendort à mon départ. De ma langue, sa peau qui glisse éponge les cils fondent en bruissement, suffisamment léger pourtant l’œil s’ouvre. Son œil pleure sous ma langue, d’émotion. Cuisse brille je quitte le corps couleuvre de ma nuit. Des boucles trainent, grains de sable dans l’œil pleure, adieu. Lèvre sêche, les dents rongent inconsciemment le craquèlement des lèvres au soleil, l’œil de sable crisse, je m’efface et elle s’endort. Pas à pas dans l’escalier des paquets de grains de sable d’une dune du désert des chiens glabres s’effondrent ça et là, marches cascades l’une derrière l’autre, le sable recouvre les pas de l’homme-femme. Glissement de terrain à la vue disparition d’une ombre dans l’encablure de la porte, des troncs calcinés volent et, fracas, la goutte glisse crisse jus d’œil pleure de branche boucle. Le corps élancé reparti se confond dans les songes faits-dits des enfants, cette nuit il n’y avait pas d’enfant témoin absent des faits capable de dire à mi-voix les choses du jour. Le lendemain de la nuit il n’y a plus d’enfant sur la rive, pied dans l’eau saignant dans l’eau, je regrette celui-là, le dernier connu bannissait les participes présents. Parti l’enfant. La chienne traine, la chienne s’effondre statique en sommeil lourd de vapeurs-odeurs, à la racine des cheveux en boucle : senteur de fait : l’enfant aurait senti les racines de boucles de cheveux de la chienne glabre rendormie pour dire à plus tard au chien masse de poils après la vomissure de vérité du jour, nombre de faits insignifiants cachés empaquetés dans un discours simple et dense, la fin du compte rendu des faits. L’enfant n’est plus là lorsque je descends la dune, homme-femme trompé de silence, non, l’enfant n’est plus là lorsque la chienne glabre se rendort couve.
Gros dogue noir poil court. Le sale gros dogue qui trainent doucement oreilles agitées renifle des trucs et me fais peur. Des grosses pattes noires tournent autour de nous. Grosse truffe sniffe les queues des chiens parmi nous. Immobile je suis capable de me souvenir plus tard de ce qui se passe maintenant, il me suffira de bouger les lèvres pour raconter les images dans ma tête que je dessine yeux fermés. Sale gros dogue part, truffe qui pue rampe, je veux que ce sale gros dogue vire ses pattes de chez nous, il me dégoute et Gunther qui dort. La grosse masse noire poil court qui sent la grosse masse Gunther par terre, sent sa queue puis va vers la chienne Nico pas loin, molosse passe. Nico immobile incrédule va falloir que je raconte ça à Nico et Gunther, ce gros sale dogue pue. Puis il part, le molosse passe part, reste un bout d’odeur de puant, gros chien noir puant laisse de l’odeur de son cul près des queues de chiens parmi nous, me dégoute, j’en parlerai à Gunther, des relents dans ma bouche. Il faut qu’il sache. Nico pense qu’il n’en fera rien, Gunther se fout des chiens errants, des molosses  passent, puent, Nico pense que Gunther se fout des sales gros dogues en un clin d’œil je le vois bien qu’elle pense ça de Gunther, Nico. Elle sait mieux. Elle connaît l’attitude de Gunther. Moi je parle à Gunther la nuit quand il dort. Elle me regarde maintenant chaque jour, mes croutes qui sêchent, elle me regarde et me voit m’agiter au retour quotidien de Gunther, réveil pour parler, elle voit bien Gunther s’affale chaque fois là, dort écoute les faits de ma bouche. Je peux lui dire les sales gros dogues mais les yeux de Nico disent pas la peine, pas la peine de te fatiguer petit, il s’en fout, c’est Gunther, il revient de derrière les dunes


J'ai été surpris, je n'ai pas compris et les questions fusent. Ce matin j'ai parlé et ma langue a dansé dans ma bouche et je pensais dire des choses cohérentes et justes et puis j'ai vu entendu senti la larme d'un oeil sur la joue de la femme dans mes bras à l'écoute. Maintenant je revois la femme à l'écoute et ce que je me demande c'est
Est-ce que je suis incapable de faire les choses bien et malgré moi, au delà de moi, je parle des choses que l'on ne veut pas entendre et je mine une histoire, dynamite dans les souterrains, fondations en danger, gratuiteùment, pourquoi je n'en sais rien?
Ou
 
Est-ce que je dis les choses de ma tête dangereuse pour se sentir bien mais vraies qui filent en idée traversent les têtes d'habitude et moi je les arrête les expose pour voir dire savoir, je cherche là d'où ça vient, quoi? Je n'en sais rien, ça vient tout seul et au final c'est bien parce qu'on sait on apprend à connaître, soi et l'autre, et ça fait peur mais c'est juste et en fait ce qui se passe c'est que je tape là où il faut, là où on aime pas regarder mais on sait que c'est là?
Pas simple, je n'ai que cette manière de formuler des idées qui sont floues,
Peux-tu m'éclairer ou ça n'en vaut pas la peine?
Je t'embrasse
constantin


Moi je trouve que demander pardon est déplacé. À moins que ce ne te soit
adressé, mais dans ce cas, est-ce la peine? En tout cas tu ne me dois rien,
pas une question de principe, non, simplement parce que la vue d'une larme
ne me choque pas. En fait, rassure-toi: ta larme, à mon regard et avec ce
que tu écris, te rend normale.

Moi je suis d'accord avec l'idée que pleurer c'est se manifester,
communiquer mais sans dire, donc montrer en détournant le regard. Moi
j'essaie dans ma tête de cerner pointer désigner pour dire, pour mettre à
l'extérieur de moi les choses qui sont lourdes dedans. Je ne prétends pas
détenir la vérité absolue puisque je crois qu'il n'y en a pas, donc je ne
prétends pas que ce soit la seule manière de bien vivre, la mienne, donc je
ne veux te pousser à rien. Pleurer c'est bon. Mais si tu veux parler dire
pointer désigner interroger communiquer et/ou pleurer, moi je suis là.
J'aime le face à face. Mais si tu te sens mieux on s'écrit. Tu choisis.

Je continue plus tard, je veux que tout ça soit clair. Pour aider ce qui
peut l'être.
Je crois que je vais manger. Ah! Vincent me demande: "on va aller manger?"
je dis oui. Double douiche et pinte en terrasse et je reviens, j'ai des
choses à faire aujourd'hui. Et avec des gens, et avec les chiens du désert
des chiens glabres, et avec toi. Je ne pourrai pas tout faire mais je ne
sais à l'avance ce qui sera possible. Alors en attendant, je t'embrasse
Ondine.
Constantin

Barre d'espace ligne de départ. Doigts sur clavier statiques...
Maintenant.
Tu m'émeus, tumaimeuh, tu me fais sourire et penser cogiter parce que je trouve que tu as raison sur de grandes importantes choses et parfois je ne suis pas d'accord, ce qui me rassure,
Ton discours sur le vrai ne me convainc pas vraiment je t'avoue, par contre ton discours sur l'engagement malgré soi me laisse pantois, en effet, c'est ainsi, ce n'est pas que du choix, il y a des choses indiscutables indéniables.
Je dois t'avouer que j'aime te lire, je dois t'avouer que c'est rare pour moi d'être charmé par un style, ton style me charme, le contenu aussi bien entendu, il me touche, à l'essence.
Je me méfie juste de la phrase qui parle de mes défauts que tu aimes aussi, je crois que tu ne peux pas connaître mes défauts. Mais
Je veux voir ce que ça donne, cette confrontation de défauts.
Je ressens aussi parfois cette boule dans le bide, boule de bide, creux dans le ventre, c'est un trou en fait, ne serait-ce pas simplement ce trou originel, vide, bide vide créé par je ne sais quoi, peut être parce qu' en pouvant donner du sens à des choses on finit par croire que toutes les choses ont du sens, on finit par oublier qu'avant la parole il y a le vide. Le bide vide n'est peut être qu'un rappel. Un rappel du corps. Toi qui aimes que ton corps parle. J'aime aussi le corps qui parle mais je me méfie aussi parce que je me suis rendu compte qu'il est des fois où le corps parle à la place de la tête parce que la tête est incapable de voir le vrai en face, trop dur, trop insoutenable. Compréhensible en fait, beaucoup de gens ne supporteraient pas de formuler ce bide-vide, trop de choses dans la vie sont fixées là dessus, écrans de projection-divertissement, je comprends qu'un tremblement de terre puisse démolir une structure et rendre perdu-malade-fou. Il ne faut pas forcer les gens.
Voilà donc nommé ce bide-vide. Peur du vide. Je crois que cette insoutenable peur du vide matérialisée en bide-vide nous pousse à combler le vide, projeter plein de trucs, en résumé: je pense que la peur me pousse à te voir, que ça comble mon manque, je pense que c'est pareil pour toi. Or, je pense aussi que malgré toutes ces réactions naturelles plus vieilles que la parole il y a nous deux. Je veux dire que d'une part il y a cette tentative de combler pour se rassurer, d'autre part il ya le fait que toi, Ondine, tu me plais me ravis m'embaume me fais briller les yeux à moi aussi c'est très beau ce que tu as écris surtout comment tu l'as écris dans ta lettre merci pour cet instant de beauté indiscutable. En définitive je crois qu'il est important de faire la part des choses. Je veux être seul le temps de voir. Je veux continuer à te fréquenter parce que c'est comme ça. Je veux prendre le recul par rapport à ma relation avec Flora nécessaire à une possibilité de vivre avec quelqu'un d'autre sans me demander sans cesse si je l'ai choisi consciemment ou si je serai toute ma vie esclave de forces obscures du fond de ma tête. Je pense qu'on est esclave de son inconscient mais que malgré ça on conscientise certaines pulsions et on choisit de leur donner libre champs ou non.
Je veux faire les choses bien parce qu'avec toi j'ai l'impression primitive que ce n'est pas n'importe quoi. Voilà le fond conscient de ma tête.


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[31/07/2008 0:28]

Je veux jouer de la guitare et de la batterie. Je veux inventer des chansons, écrire des textes, des poèmes. Quelqu’un pourrait composer pour moi. Je veux continuer à faire des films, des films « live » aussi. Je veux travailler avec du monde. Je veux rencontrer des gens, de tous les âges, des minuscules, des moyens, des ados, des adultes et des vieux. Je veux voyager et prendre des photos. Je veux bricoler en animant des ateliers. J’aimerais apprendre la cuisine… et les claquettes. J’aimerais mettre en scène une pièce de théâtre ; reprendre une pièce existante et l’adapter, et la travailler avec des adolescents. Je veux chanter dans un groupe rock.
Je veux peindre les pierres du trottoir en couleurs. J’aimerais une incroyable bibliothèque et vidéothèque. Je veux une vieille radio près de la cheminée. Je veux une maison à la campagne, pas trop grande, au calme, proche de la forêt et un jardin avec des arbres fruitiers… et des voisins sympas. Ou alors, une grande ferme qu’on réaménage. Nous aurions, mon amoureux et moi, une partie « maison ». Le reste serait la partie « ateliers », là où on travaillerait. Il y aurait un potager et des animaux, je dirais… une vache et des poules.
Je veux apprendre à danser.
Notre ferme organiserait souvent des activités socioculturelles. Je veux donner des cours de Français aux « primo arrivants » en jouant. Je veux peindre de grands murs avec des enfants.  Je veux peindre à la main des ateliers entiers. Je veux installer une bibliothèque et une ludothèque.  Pour trouver des livres et des jeux, j’irai glisser, dans le plus de boîtes aux lettres possibles, des annonces qui disent que je récupère les livres, jeux, jouets, peluches et autres objets à jeter… et que je viens les chercher moi même… parce que les gens sont paresseux.
J’aimerais inventer des jeux de société et les construire.
Je veux voir le Canada en hiver et en été.
Je veux un enfant de Constantin. Plusieurs enfants. Je veux organiser des Noëls extraordinaires. Je veux organiser de grands jeux dans tout le village.
Nous aurions une camionnette pour faire le tour du village et proposer des activités ponctuelles aux enfants, adolescents, adultes, seniors qui s’embêtent.
Nous hébergerions des voyageurs en échange d’aide aux tâches quotidiennes ou à la participation d’activités culturelles.
Je veux un « petit café des arts » où les gens viendraient boire un verre, consulter notre programme d’activités, assister à un concert, voir une expo, etc.
Je veux lire énormément, voir des films, des pièces de théâtre, des expositions, etc.

Voilà, tout ce que je veux, c’est être heureuse. Je ne veux pas gagner plein de fric ou faire un boulot qui ne me plait pas. Je veux profiter du plus possible. Je veux travailler en m’amusant à amuser les gens. Je veux que chaque personne trouve son plaisir à la vie.
Personne ne m’a demandé si j’avais envie de vivre ici, sur terre, à être bébé, puis enfants, puis ados, puis adulte, puis vieux, puis mourir…
Personne ne m’a dit ce que j’aurais à faire ici. J’ai donc le champ libre, complètement. Je ne connais pas mon début ni ma fin. J’apprends tout juste à reconnaître mes envies, les choses qui me rendent heureuse ou triste. Je sais qu’être méchant entraîne la culpabilité et que la culpabilité a quelque chose à voir avec la tristesse. Je sais qu’être triste est désagréable et qu’être heureux est agréable.
Je choisis l’agréable, et c’est la seule chose qui puisse déterminer ma vie à présent.


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[31/07/2008 0:28]

  Samedi 2 février 2008

Je me cherche femme

Retour de la France, Combloux, le ski.  Nous sommes en voiture et il fait noir dehors. J’arrête de lire. Je regarde par la fenêtre, à travers le paysage. Mes yeux sont ouverts très grands et je pense que ça faisait longtemps que je ne les avais pas ouverts comme ça… et puis que je n’ai pas pleuré de toute la semaine.
Faut-il ennuyeusement que je précise la place que prend mon corps dans la voiture ? A trois, nous partageons la banquette arrière. Je suis coincée contre la portière gauche. Je voyage avec quatre hommes.  
Ils dorment, j’ai le droit de les voir gardes baissées. Ils sont beaux les vulnérables.
Maintenant je me sens femme. J’avais oublié l’impression que ça faisait. Je crois l’avoir déjà vécu certains jours. A des moments particuliers, mon corps se dresse et porte mon crâne plus près du ciel que de la terre, je respire facilement et je n’ai plus peur.
La musique me rappelle, déjà comme des souvenirs, le séjour qui prend fin. J’ai l’impression qu’ils ne sont plus à moi. J’étais quelqu’un d’autre que maintenant. Mentalement, je trace une ligne du temps à la craie blanche. Dans l’histoire de ma vie -----------------------------------je me trouve à peu près ici. Dans mon dos, la ligne trace mon enfance et passe entre mes jambes pour continuer devant moi, à l’indéfini.
A ce niveau-ci de la ligne, je me sens femme depuis très peu. Je suis donc très instable. Le plus difficile étant de rester femme. Il y aura le jour à partir duquel je ne reviendrai plus en arrière. Vieillir est un soulagement.
On n’a pas fait tout ça pour rien !
Ben si, évidemment que tout ça c’est pour rien. Qui dira le contraire ? Dieu ne m’a jamais parlé à moi. Il ne m’a jamais dit quel serait mon devoir sur la terre.
J’ai tous les droits et la morale je m’en tape. Je pourrais tuer si je veux. Je ne le veux pas et je sais que la morale a quelque chose à voir là-dedans. Je ne suis donc pas aussi libre que ça. Soit.
Je bouillone et les larmes me montent aux yeux.

Je regrette le bien que m’ont fait ces vacances parce qu’elles me manqueront. Ils me manqueront, tous les quatre. Celui que j’aime dort encore. Mon compagnon de vie, celui que j’ai choisi de voir vieillir. Je ne le quitterai jamais, je le sais.

Je suis tombée amoureuse de son ami qui chauffe la place du mort. Le voyage n’a rien à voir là-dedans, ça remonte à plus loin. Je m’épargnerai les détails pour l’instant.

Si je reprends le schémas de ma ligne de vie, je pourrais noter qu’ici, la situation m’était arrivée souvent. J’avais besoin de voir du pays, je sautais de branche en branche. Il ne fallait pas que je m’encombre, mais pas non plus me trouver seule. J’agissais en mon propre intérêt, uniquement.
De ce côté-ci (sur le schéma), les choses sont différentes.  

Je ne l’aime pas. Je le .
Considère. Je te. La phrase est entière. Elle parle de moi vers toi.

Et toi ? Tu te doutes ? Qu’est-ce que tu en penses ?



Il est grand et a l’air fort. Je le trouve magnifique, il a parfois quelque allure de prince.
Je me regarde écrire comme une enfant. Le bic sur la page, c’est moi qui écrit vraiment. Avec un ordinateur, quelque chose se passe entre le moment où j’appuie sur la touche avec les doigts et le moment où les lettres apparaissent à l’écran. Quelque chose d’autre que moi existe, entre, et me désapproprie de mes mots. Je me sens moins responsable.
Bic sur la page avec mes doigts, c’est cru, c’est cruel. C’est à moi que j’adresse mots. C’est flippant. Je me sens seule et toute petite, et incroyablement stupide.
J’écris comme une cochonne, puisqu’il il n’y a personne.
Que des mots laids, malodorants. L’existence est colossale. Je suis une tache minuscule, puante et moche. 

J’adore l’imaginer, me voir avec lui, le rencontrant par hasard, habillée joliment, par hasard. Je l’aime comme une enfant timide, intéressée, neuve, adolescente. C’est très malsain, c’est très plaisant, c’est excitant.

Il me manque.

Un rêve, une nuit en France.
Nous sommes tous au chalet. Il y a du monde dans la pièce principale. Tout à coup ils s’en vont. Ne reste plus que nous deux. Tu marches et tu passes derrière moi. Je suis assise à la table du salon. Tu me chuchotes quelque chose à l’oreille, du genre : « On va pouvoir en parler, enfin ». Je me sens presque soulagée. Et tu ajoutes : « Même si je sais que tu as horreur de ça». Et je me sens toute petite.
Je pense que tu sais ou que tu te doutes. Tu es intelligent. Je suis réservée, mais je transpire beaucoup.

J’aimerais te dire tout ça. Ça m’aiderait sans doute, zizanie serait semée surtout. Alors n’est-ce peut-être pas la peine. 


Dimanche 10 février 2008-02-11




Lundi 11 février

Je suis pleine d’une énergie que je ne peux pas utiliser. Je me rapproche, je la montre du doigt. Elle s’enfuit toujours. J’aimerais refermer le poing dessus.
J’ai fait un rêve à propos de ça.
Un garçon est amoureux de moi. Moi je ne l’aime pas. Il y a notre maison, une rue à la campagne, de l’herbe sur un tournant et un pommier. Panier en osier pour collecter les fruits. Une jeune femme aux long cheveux bruns et lisses. Le garçon parle de moi à cette fille : « Ondine est extraordinaire, mais elle utilise ¼ de son énergie »…. Quelque chose comme ça.

Ma tête me prévient que je change.
On est peut-être tous des monstres.

Je ne vivrai pas trop vite pour ne pas mourir trop tôt.


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[31/07/2008 0:27]

J’ai passé une très belle nuit. Dans les bras d’un inconnu que j’aime beaucoup. Je me sens belle et légère, mais j’ai sommeil et il a le corps chaud. Je fait ressonner mon réveil plusieurs fois. … J’ai fait une faute, je sélectionne et je corrige, mon ordi rame à mort, j’attends, ça m’énerve.
J’étais morte de trouille ce matin… j’écris plus vite que les mots n’apparaissent à l’écran… c’est vraiment de la merde ! … j’avais envie de me porter malade ou de ne pas me pointer et ne rien dire du tout ; ne prévenir personne, ne pas répondre au téléphone et flâner nue dans l’appart. … j’ai encore fait une faute, j’ose plus corriger, ça va encore mettre 1h.
WAAAAW, j’enregistre mon paragraphe, ça met trois plombes, une fenêtre vide, la souris qui réfléchit et moi comme une conne qui la secoue et regarde… et meeerde.

J’avais peur d’avoir trop de gosses, j’en ai eu que 4, c’était génial. Ils m’aiment bien je crois,  moi aussi. Ils sont intelligents et curieux de tout, plein d’imagination. Ils sont chouettes, c’était chouette. Je rentre, je suis contente. Je prends le métro pour un arrêt et puis je vais retrouver ma petite voiture… ce matin j’avais peur de me perdre alors je me suis garée jusqu’où je connaissais et fais le reste en métro, c’est marrant, c’est nul.

J’ai trop chaud, je rentre et je me déshabille… chez moi, je vais pouvoir faire pleins de trucs…. Je m’emmerde, j’ai envie de rien, je suis moche, je suis grosse et j’ai faim. Y a de la salade dans le frigo, berk. J’adore la salade, mais dans mon frigo elle est pas belle. Y a que chez les gens qu’elle est bien. Je suis une merde en cuisine, je sais pas faire la cuisine et j’aime pas ça, c’est chiant. Je fais bien les milk-shakes et j’adore ça… mais ils ne sont jamais aussi épais que ceux du quick. Ceux du quick j’adore, super chimique et faut le manger avec une cuillère parce que ça passe pas dans la paille. Moi je veux pas la cuillère, c’est pour les tapettes… j’aspire à mort, je mets des heures à le finir, c’est gai.

Y a un mec qui me parle sur msn, je le connais. Ça fait toute la soirée que j’ai envie que quelqu’un m’appelle pour aller boire un verre… ou alors juste pour dire bonjour… ou alors vraiment s’il faut, pour me demander un service. Lui il me dit coucou, je devrais être contente, mais j’ai pas envie de répondre… demain je lui dirai que j’avais pas vu qu’il me causait… ou alors que mon ordi plantait et que j’arrivais pas à lui parler, en plus c’est vrai.

Je lis « Approximativement » de Lewis Trondhein. Il est bien ce livre, il m’inspire. Souvent c’est plat, ça s’écrit comme ça se pense, il( n’)invente pas . Je mets le « n’ » mais je préfère sans, parce que là j’ai envie d’écrire simplement, pas de belles tournures de phrases et les choses comme ça qui font que finalement on n’arrive pas à dire ce qui est vrai, parce qu’on cherche à ce que soit beau et alors ça devient faux. Je préfère faire des fautes de français plutôt que des fautes avec ce j’ai dans la tête. Et ce que j’ai dans la tête pour le moment, c’est ce que j’ai dans le corps, c’est pure et bête, c’est naturel, c’est moi qui ne sais rien, qui pense ce que je suis, qui pense ce que je suis une minute plus tard, qui pense ce que je pensais un peu plus tôt. J’aime ma contradiction et ma façon de m’embrouiller… pour l’instant… mais souvent je trouve ça pathétique et ça me déprime.

Donc finalement, avec les enfants c’était bien.

J’ai de nouveau pas envie d’aller au boulot demain. Je vais être ennuyeuse, les enfants vont s’embêter, les musées coûtent cher, ils veulent voir plein de trucs et c’est ce qu’on va faire… après je vais me faire engueuler par mon responsable de stages parce que j’ai dépensé trop d’argent. Les radins !

J’aime bien faire ça, écrire. Là ça vient tout seul, je relis et je trouve pas ça nul. Je vais faire un livre où je mettrai tout ce qui me passe par la tête. Je pourrais même y insérer des images, des dessins, des idées de projets. Après j’irai chez un éditeur qui aimera et me publiera, et je serai riche et connue.
Un rêve ça ne dure jamais plus longtemps que le temps de le penser. Après je passe à autre chose, ou alors je passe à rien (plus souvent c’est comme ça). Ça ne va jamais plus loin que mon imagination… même pas jusqu’à la poubelle… pour ça il faudrait que je le tape, que je l’imprime, que je trouve ça nul et que je le jette… trop de travail pour une fin tragique.

Je vais relire.
Pffff la tartine.

Je suis pas fatiguée mais je vais me coucher. Seule…ce sera moins bien que la nuit passée. 



Aujourd’hui la maman de Tanguy est venue me voir avec un sourire qui lui coupait la face en deux parts.
Apparemment, il a beaucoup aimé la journée d’hier, il a trouvé ça « génial », « qu’on allait faire plein de trucs », « que c’était super chouette ». Elle m’a dit qu’il s’était levé de très bonne humeur ce matin pour venir au stage.
Moi aussi j’avais le sourire qui me fendait le visage. C’est pour ces petites choses qui me font chaud au cœur que j’aime faire ça. C’est pour qu’ils soient heureux, qu’ils aient plein de bons souvenirs ; pour qu’ils racontent et mentent un peu pour donner un aspect extraordinaire à leurs histoires.

Je suis allée faire des emplettes au super marché… bonbons, mars glacés, glace coco-chocolat, popcorn et lait pour les milk-shake…un « science et vie » pour lire dans la file, après je le mets dans les W.C.
La phobie du « tuuuut » quand on passe la carte dans la machine…. C’est bon j’ai touché.
Je le savais… ne jamais avoir faim quand on fait les courses.

J’écris moins bien quand je suis contente. Mais j’ai dit que je mettrais tout là-dedans alors je le fais.
J’ai chaud, je colle, je vais prendre une douche.


Pour finir j’ai pris un bain, c’est meilleur, plus facile, pas besoin de tenir debout.





Ça fait quelques jours que je n’ai plus rien écrit, je suis pleine de mots. J’adore ça, pleine de mots, pleine d’images qui baladent des odeurs. Le ventre tendu de sensations et l’esprit qui se donne le droit de repêcher dans le tas et d’en faire des phrases que je ne comprends pas. Alors je note, je remplace et je change l’ordre…. Hahaaa… c’est moi qui ai le dernier mot…. Je contrôle tout !!!! Tu parles ! Je contrôle que dalle.  

Je m’endors cette nuit dans les bras de l’Homme. Je me réveille la bouche proche de son visage. Je peux l’embrasser et penser ce que je veux, il ne voit rien. Alors je pense que je l’aime et c’est bien. Hier ses yeux regardaient les miens et on a fait l’amour. J’ai une jolie histoire bidon là-dessus : quand on a des choses dans le ventre que l’autre découvre avant qu’on ait le temps de mettre des lettres l’une derrière l’autre, alors c’est le corps qui écoute et qui raconte… c’est une sorte de relève. C’est comme s’il disait à la tête « te bile pas, passe moi le travail et va prendre l’air ». Le sexe c’est un bon bol d’air pour la tête.

Je rentre d’un week-end à la campagne. 2 jours de choses simples à se partager en 4 ; écouter des musiciens, regarder les gens qui dansent, sourire bêtement et penser qu’on est bien. Passer la matinée au lit, l’aprem dans un divan. Ne rien faire et en être content.
Rentrer triste le soir… pas envie de quitter un bon copain… il est beau. Beau parce qu’il est joli… mais pluss beau parce qu’il a le cœur qui se voit et qui déborde. Si… le cœur qui se voit c’est possible. 

… n’en reste plus que trois. Un qui reste dormir à la maison parce qu’il est trop tard pour rentrer chez lui… l’autre qui reste parce qu’il a envie de prolonger le moment. Merci ! J’avais pas envie de me retrouver toute seule. On prolonge le paradis, on se sent, on se serre… à se faire un peu mal mais c’est bon. Là c’est le corps qui travaille, le bonheur qui gicle dans tous mes membres, de l’euphorie dans la peau. Je ne contrôle pas, j’ai l’impression de devenir folle… folie saine, folie bonne.

Suite à plus tard


Je m’sens bien, super bien. J’adore la terre que je piétine, j’aime l’Homme… un me fait tomber amoureuse, j’aime les autres aussi. Je suis jolie et toute bronzée, je vais bouffer avec une copine en ville, ce soir avec un copain. Peut être dormir moins seule aussi…
Je m’asperge d’eau, me brosse les dents. Je me colorie les cils et m’ébouriffe les cheveux. Je m’étale de la crème hydratante sur tout le corps. Je sens bon, je suis belle, je suis heureuse.

11h35, je pars à midi. Je bois un coca, je fume une cigarette et je refais tout ça pour de vrai cette fois.

En vrai c’est plus long que par écrit, mais bon, ça y est je suis prête là.
Jour de bonheur à l’horizon. 



J’ai déménagé ma chambre, c’est une nouvelle pièce, pour y faire de nouvelles choses dedans. C’est comme attendre Noël ou nouvel an pour recommencer à zéro.
Là, je recommence à zéro… à plus petite échelle, j’efface ce que je viens d’écrire parce que c’est minable et je recommence. Je déplace mes meubles, j’invente un nouvel espace. C’est gai, c’est tout neuf à chaque fois. C’est le plus courageux que je puisse faire. On peut parfois se demander si on est heureux, là, maintenant. C’est oui ou non, peut-être. On ne peut jamais se demander si on est heureux, là, toujours. Mais on peut passer par un subterfuge. Je me demande si je serais capable du vrai « zéro » : quitter l’appart, oui. Vendre mes meubles, oui. Ne plus aller au boulot, laisser tomber le contrat qu’on vient de signer, ne pas se soucier de l’argent, oui. Refiler mes poissons rouges… ooui. Changer de pays, sans rien dire à personne. Se retrouver à l’autre bout du monde et recommencer à rencontrer, à se faire connaître, à choisir un style d’habits, un style de comportement,…. Ooooui.
Oublier tout et redevenir innocent, non. Je suis née de deux parents, j’ai vécu avec deux sœurs, j’ai eu des amis, des professeurs, des amoureux. Personne n’est capable d’oublier. Et moi je n’en ai pas envie. Surtout pas oublier. Est-ce que c’est possible d’avoir peur d’oublier ? Peur que les personnes qui n’ont plus de présence matérielle s’effacent de votre esprit ? On pense à eux. Je pense à maman. Je l’aime, elle me manque, je pense à elle, je ne l’oublie pas… si. Je pense que je pense à elle… mais les illustrations deviennent difficiles. Je ne peux compter que sur les rêves pour faire revenir un peu de matière, d’image, de senteur. Mais je ne rêve jamais d’elle. Je n’ai rêvé d’elle qu’une seule fois depuis qu’elle est partie. Et déjà dans mon rêve, elle n’était plus vivante, c’était un ange, en robe blanche ; Elle était très jolie, mais immatérielle. Comme si rien ne pouvait leurrer mon esprit. Elle est morte, elle est absente, même le rêve ne te la fera pas revenir. Je ne veux pas qu’elle revienne…. Si j’aimerais, mais je ne demande pas l’impossible. Juste la revoir avec le sang lui coulant dans les veines, des cheveux bruns bouclés, des joues roses, des yeux foncé qui scintillent. Elle me prendrait dans ses bras, ou je lui volerais sa main… je la serrerais de toutes mes forces et ne la laisserais pas repartir.
Tout est inaccessible. Je rêve de ma grand-mère souvent. Elle meurt à répétition. Chaque fois, je pleur, j’aime ça. Ces rêves, je les fais souvent. Elle est là, je sais qu’elle devrait être ailleurs, mais je ne m’en soucie guère longtemps. Je profite du moment pour faire marcher mon coeur. Mais elle remeurt. Et je repleurs. 

Bref… non, après tout ça, je peux pas dire « bref », ça ferait insensible.
On recommence…
.. fin du subterfuge… oui ça c’est mieux.
Fin du subterfuge. Je me suis demandé si je pouvais recommencer tout à zéro, absolument tout, même oublier volontairement. Je ne le veux pas… donc je suis heureuse.
Le gros sophisme à la mort moi le nœud !
Je voulais dire, simplement, qu’il y a des choses qui sont belles, ces choses je les garde, je n’échange pas ma vie, donc je suis bien.

Voilà, j’ai changé la disposition de ma chambre, elle est belle. J’aime entreprendre quand le paysage change. Alors j’écris quelques paragraphes. Mais sincèrement, je trouve ça à chier. Je relis une fois ce soir, une fois demain, et, à mon avis, j’efface.



Tout ça, toute ce passage merdic, que j’effacerai certainement demain, pour parler d’autre chose. Il est temps que je présente l’Homme. L’Homme il s’appelle Constantin, il a un joli nom.
Je vais me coucher, j’arrive à rien, c’est nul, j’ai besoin de le serrer dans mes bras, pas besoin de le penser ou de l’écrire… besoin de matière, de son corps, de son visage, de son parfum. Il faut que je sois près de lui, contre, dedans. Quand on se serre fort, c’est parce que le contact n’est pas suffisant. J’aimerais me retrouver à l’intérieur de son corps, ne faire qu’un. Quand on s’embrasse (avec les bras…), c’est parce qu’on a pas assez d’être proche, d’être avec, d’être contre. Il faut plus, plus pour assouvir… pas possible, pas possible de ne faire qu’un, alors on n’assouvit pas, alors la folie reste… et c’est là qu’on peut dire « je l’aime ».

Je suis en rage contre toi, je te pète la gueule et ça va mieux.
J’ai envie de toi on fait l’amour… toujours envie de toi. Il doit y avoir une erreur quelque part. C’est la formule qui est mauvaise. On ne dit pas « envie de toi », on dit « envie d’être toi ». Tu es beau, dans tous les sens du terme, je te jalouse, je t’aime.
Je troque ma vie contre un de tes organes. Je deviens lui, je te fais fonctionner, je participe à ta personne, tu es beau, tu es beau avec moi. C’est ça qu’on cherche quand on se serre à se broyer les côtes. 
Etre amoureux c’est poser un nom à la folie que l’on porte.



Voilà, on est le lendemain matin, j’ai relu. Je laisse.


Mon corps tremble, les jambes, les bras, les doigts… mais j’en ai besoin pour écrire, il faut que je puisse relire quand je veux ce que j’ai dans le cœur maintenant. J’ai fait un copié collé d’un morceau de texte, il a aimé, il m’a répondu et le ventre me serre.
Profiter simplement ou torturer un peu pour me relire et que ça dure plus longtemps. Faire des bonnes choses de l’intemporel. Me séparer d’un sentiment et en faire une indépendance, un être à côté qui existera plus fort. Je crée des marionnettes, je les place autour de moi, je laisse une ouverture, je pars, je reviens quand je veux et je regarde, j’écoute, je sens. Personnages de mon corps/coeur à qui j’offre la parole.



Petits instants de bonheurs font du reste un peu d’angoisse. Peur d’être seul, plaisir des souvenirs, déplaisir du manque. Grand homme heureux qui crie et tape des mains. Petit homme fatigué glisse dans le sommeil, je profite de ses bras. Etreinte et laissé aller avec l’odeur du bon, du gai. Réveil trop chaud, on déménage pour encore un peu de bon. Bon fini, étreinte à nouveau… « merci »… merci à toi.






















J’ai lu ton extrait.

Mots qui se suivent, tu écris comme tu parles, un sentiment, un mot, des sentiments, des mots. Contradictions, complexité de l’esprit, sans recul des mots qui traduisent simplement. On ne juge pas, on lit, on dit. Vivre n’est pas compréhensible, mots se relayent, je ne comprends pas non plus. Juste du plaisir, de la beauté, du moche, du dégoût… tout qui passe par le ventre et ressort sans artifice. Pas de virgule, je lis à vois haute, je me perds, je déchiffre, je passe ma main sur les images. Ne pas lire, regarder. Je m’écoute, j’aime, plat comme une ligne droite sur laquelle je pose ma voix. Qui sont Gunther et Nicol ? Gunther est Constantin ? Non ce n’est pas lui, ça vient de lui… c’est un partie ? un personnage de l’Homme… l’homme d’un de ses personnages. J’aime le sale gros dogue puant, il me fait peur, tu le fais partir. Qui est le sale gros dogue puant ? Qu’est-ce que c’est plutôt… pas un personnage, un morceau de mal du corps..

J’ai imprimé, j’ai lu hier et aujourd’hui. J’aime te lire, je ne comprends pas bien. Ça n’a pas d’importance. J’aime.


Salutations distinguées,

Ondine L.



Fatiguée, je me lève trop tôt pour être rentrée trop tard hier soir. Il fait chaud, je déménage sur le matelas de la terrasse. Je m’étale et pense à toi. Le soleil veut faire l’amour… pas aujourd’hui, je ne consens pas, je me retire.
Les escaliers sont nombreux, je mange une marche à la fois, la 2ème plus consistante que la 1ère, etc. L’ordinateur est à 10km de moi. Mais j’aimerais de tes nouvelles. J’allume et j’espère un mail.
Mes doigts sont trop lourds, pas de mots, pourtant quelque chose de gênant dans la gorge. Une pomme d’Adam doit me pousser… boule creuse. Mais pleure ou parle ! Lis toi, comprends, fais quelque chose.  L’endroit est bien choisi, là où le corps ne peut rien faire et où l’esprit ne peut rien dire. Je me mets debout sur un carré de carrelage, je fume une cigarette, je bois de l’eau pas fraîche. Et le miroir il parle ? Ça va, me reste de la chair avec des choses à l’intérieur… j’ai juste perdu le chemin, traces de vie que je ne retrouve pas.
Il y a des poissons dans un bocal en plexi sur une petite table blanche dans ma chambre à côté de la porte ! OK, je situe. Moi je suis assise pas loin, devant l’écran et j’essaye d’écrire quelque chose. Il y a un ventilateur qui me souffle dessus, je ne sais pas ce qu’il me veut. Il y a aussi un lit dans le fond, sous une fenêtre ouverte. Ma chambre est dans l’appartement et l’appartement est dans la ville. J’entends les voitures.
Je dois bien valoir quelque chose dans tout ça.

Gros paquets de lettres font tache sur la page blanche. Tout est lourd et laid. Lourd de vide, car rien ne sort finalement. J’ai besoin de te parler sans compter sur les mots. Le beau me quitte… débrouille toi toute seule et dis ce que tu penses sans faire de jolies phrases.
D’accord, je t’aime, tu me manques. Je veux embrasser ton cou pendant que tu me serres fort. Je veux te regarder et craquer de bonheur. Détourner de tes yeux  mon corps qui devient fou. M’enfoncer dans tes joues. M’endormir avec une main sur ta peau, même si le reste a besoin de fraîcheur.
J’aime les chiens et les enfants et le sable et la plage.


Ne t’inquiète pas, tu le reverra ton homme va ! Il est juste un peu loin, absent de quelques jours. Manque d’assurance, peur que tout aille à la renverse, n’importe quand. Peut-être aurais-je mieux fait de ne pas tomber amoureuse, mais le risque est bon, le temps me passe dessus et m’offre de jolies marques dans le cœur et sur le corps. Va te laver, fais toi belle et sens bon. Tu iras boire un verre avec une amie et te couchera sur l’herbe dans le parc. Nul, les heures sont laides, la chaleur m’accable et ma tête me fait du mal. Met de la musique, une chanson dont tu connais les paroles, chante et danse devant ton miroir. Trouve toi mignonne et aie confiance. Dis toi que « la vie est belle ». La phrase m’exaspère, elle perd de son sens et prend un aspect monstrueux. Métamorphose des lettres qui me tombent dessus et me bouffent les entrailles.
Envie de rien, de rien du tout. Je ne veux pas être seule, je ne veux voir personne. Je ne veux pas penser, je ne veux pas dormir. Je ne veux pas être, juste un instant, pour souffler un peu. Mourir une seconde pour me reconstruire mieux. Mais reconstruire de quoi ? Rien ne m’atteint, rien ne fait mal, j’invente tout.
Il est 15h15, toujours pas de nouvelles. Je vais me laver et remonterai voir après si j’ai un message. Il n’y aura rien, ça me déprimera, mais j’irai à mon rendez-vous de 16h voir la copine et faire comme prévu.

Voilà, il est 21h45, je rentre à l’instant. Ça va mieux, beaucoup mieux. On a passé l’aprem à se parler de nos aventures, de nos ébats sexuels et amoureux. Aussi de films et de livres à conseiller à l’autre… de là, super idée de super projet : un livre illustré géant. Genre, comme une expo. Chaque page du livre fait tout un pan de mur, une grande compo, collage, peinture ou autre. A côté de chaque « page », quelques lignes qui racontent l’histoire et mène à l’image suivante… etc.


Vendredi, journée, je te parle, je suis bête, tu n’es pas là. Je t’appelle avant de partir chez Paul, tu décroches, je suis contente, tu n’es pas d’humeur. Une boule se forme, par exaspération provisoire, ou par soulagement de t’entendre et le reste on s’en fou ? Pas de réponse… pas de mode d’emploie.

Je pense que tu viendras me rejoindre à la gare demain matin.

On est dans le train, tu es devant moi, tu me regardes. Je suis bien, tu es là, je me sens super mal… mal de bien, boule de bonheur ? Je crois.

Je te rencontre à la terrasse d’un petit resto sympa. Tu es beau et je t’aime fort je crois…. Il est bien ce mec là. J’aimerais l’embrasser. Plus de consistance prend ma boule.

Aujourd’hui.
Hier je suis venue te chercher, humeur de forme, gestes conséquents, je chante dans la voiture, je vais te voir, je suis contente.
On ne fait rien, on regarde la télé, on fume, on est fatigué et on va se coucher.


Aujourd’hui.
Ton réveil sonne, c’est le matin et je n’ai même pas eu le temps de t’embrasser. Je ne t’ai pas assez dit, je ne t’ai pas serré assez fort.
Il faut que tu ailles travailler… il faut que tu partes en Grèce après.
Depuis, la boule a grossi. Ou je parle et ça pleure, parce qu’il faut que je pousse ce truc hors de ma gorge pour faire des sons, ou je te serre, je m’enfui dans ton cou et je m’occupe de cette chose plus tard.
Mais toi tu parles, tu dis le vrai, tu poses les mêmes questions que mon ventre transporte. C’est important pour toi, pour moi aussi. J’aimerais te répondre, te dire quelque chose. Ma boule est en train de se barrer toute seule… elle a prit le droit de veto, elle se casse. Je pleure. Pardon.
Voilà, il va falloir que je trouve une explication parce que là ça se voit. J’ai fait tombé une goutte sur son épaule et il se demande quoi.

J’aimerais que tu me reposes tes questions et que j’y réponde une par une. Maintenant je suis vide et j’en suis capable.


Je me souviens de tes questions et j’essaye d’y répondre. Je m’embrouille, tout est incompréhensible. Je note, j’efface. C’est nul, ça ne veut rien dire.
Laisse moi y réfléchir…il faut que je simplifie ce qui est insimplifiable…


Mon corps va prendre le « bic ». Il dira simplement ce qu’il est et l’écrira.

Je suis tombée sur toi par hasard. Je t’ai embrassé par envie. Je t’ai serré par besoin. Je t’aime sans faire exprès. Tes défauts je les aime aussi, et c’est pas voulu, c’est comme ça.
Je t’entends,  je te sens, je te vois, j’aime tout ça, tout ça me rend bien.

Être bien, ça peut vouloir dire pleurer, ça peut vouloir dire avoir peur, ça peut vouloir dire être triste, ça peut vouloir dire envie de chanter et de danser et de te serrer super fort.
Etre bien c’est être tout court et le sentir. Sentir le corps qui vit et l’esprit qui grouille de substance.
Je suis bien avec toi parce que tu me fait ressentir des choses ; Tout s’accumule et se superpose. Je suis remplie d’inconnu. Parfois je déchiffre, souvent je subis.

La peur vient peut-être du sentiment qu’on est passif. On a rien fait pour avoir tout ça. On n’a pas construit, on a rien demandé. Je t’aime sans rien faire… moi je trouve ça génial.
C’est plus vrai que l’appartement que tu loues parce que tu travailles et que tu gagnes de l’argent. C’est plus vrai que les efforts que tu fais pour réussir ton année.
C’est plus vrai mais moins contrôlable. C’est bien maintenant. Et après ? 

Des gens achètent une maison, se marient et ont des enfants. Mais ils n’en savent pas plus que nous. Ils construisent et s’activent. Construire tout et faire semblant de contrôler ou construire autour de ce qui existe déjà (autour de je t’aime sans le demander) et s’avouer que cette essence même des choses a son indépendance, sa propre vie et son instabilité. Se laisser traverser de l’incontrôlable et s’activer pour faire durer.

« Les yeux qui brillent » quand on parle de quelqu’un, quand on l’entend, quand on le croise…La petite phrase bidon qu’on pense faite pour un dragueur mal inspiré et un peu kitch…
Ben en fait c’est vrai. Moi j’ai les yeux qui brillent.


Interminable soirée, l’air est frai, la musique est bonne. Je ne sais plus que faire de mon corps, mais il est là, il parle, il crie. Vas y, bouge, danse, fais de la gym, saute… aï ! Je me pète la tête sur le plafond trop bas. Ça fait pas du bien. Je pique une pile de jeans, de polos et de jupes. Je passe ma haute tension dans des essayages, sur le rythme de la musique. Je danse pour chaque nouvelle tenue. OK, je les connais par cœur, ce jeans je l’ai mis des milliers de fois, il est troué dans le bas, me va juste bien quand il sort du séchoir, puis se détend après deux jours et c’est comme si j’avais chié dans mon froc. Hé ! La musique s’est arrêtée ! C’est vide, il est tard, 00h24. Je dois pas me lever tôt demain, on s’en fou. Replay.
J’ai deux poissons dans un bocal qui ne doivent pas trouver l’ambiance très apaisante. Si ça les emmerde, ils n’ont qu’à me le dire.

La couette s’est encore barrée de ma housse, va falloir que je la remette en place avant d’aller dormir… raison de plus pour ne pas se coucher trop vite.

Musique douce, Mano Negra, Out of time man, je terminerai sur elle. Je me roule une petite cigarette.

Bonne nuit.



J’ai la même impression désagréable de t’avoir déçu. Appartement trop bruyant et trop chaud… et le ventilateur qui ne fonctionne pas. Tu as du mal à t’endormir et je veille parce je veux que tu sois bien. Finalement, c’est moi qui garde les yeux ouverts, et je ne suis pas fâchée de cette nuit. J’ai pu te regarder et te sentir, longtemps. Que de recherche de positions pour pouvoir dormir, s’emboîter pour être proche. Deux peaux moites qui n’avouent pas leur défaite face à cette chaleur qui demande que les corps prennent de l’air.
Le matin n’est pas facile, je suis fatiguée, tu aimerais faire mieux qu’hier, alors on fait et ça ne fonctionne pas bien. Moi je me fou de tout ça (c’est pas vrai, j’ai été nulle, j’ai envie de m’excuser, toi aussi).
C’est mignon, c’est bête, c’est simple. On a eu envie de faire l’amour, de le faire bien. Raté. Ce n’est pas grave. Hier c’était quand même bien.

Midi, à la terrasse d’un café. Là on a fait l’amour, et là c’était super.
18h, je rentre, il y a quelqu’un chez moi. Il a prit une douche, il sent bon, maintenant il va aller travailler. Là on a fait l’amour, et là c’était super.
21h, on tente encore l’amour, c’est bien, c’est plus dur, c’est très bien. C’était encore super.

… Alors quoi de plus normal. On était un peu fatigué ! On n’est pas des machines. On avait déjà fait ça 3 fois !


Tendresse… de la part d’une femme qui ne demande qu’à vous plaire sur longue durée.



Tu as peur et moi aussi. Tu t’en vas et moi je reste. Ayons peur chacun de notre côté. Soyons seuls tout seul cette fois ! Ça peut faire du bien au mal.


L’écran de l’ordinateur et ma boîte à mail n’ont plus beaucoup d’intérêt depuis que tu es parti.
Je m’assoie à mon bureau, je double clique sur « msn » en fermant les yeux et en pensant « un message… un ptit message ». Il y a des messages. Mais en fait, quel intérêt puisqu’aucun ne peut venir de toi ? Tu es parti. Tu n’es plus à ton bureau à t’ennuyer des heures durant. Plus de mail journalier pour me raconter tes états d’âme et tes occupations de la journée. Je ne regarde même pas.

Je redescends lire une BD. Merci Véro pour tes lectures, elles sont chouettes, elles me libèrent l’esprit quelques heures.

Je remonte… un ptit mail ? MAIS ENFIN T’ES DEBILE OU QUOI ! IL EST PAAAAAAARTI, PARTI, PAAAS DE MAAAaaail de Constantin qui est en Grèce, avec des copains et sa famille et qui ne rentre que dans TROOOOOIS SEMAINES ! Trois semaines.

Ce matin, je vais m’acheter un cahier pour faire des résumés des trois cours que j’ai à repasser pour septembre. Je trouve aussi un petit agenda qui m’aidera à organiser mon temps : entre ne rien faire, dormir et ne rien faire, ne pas oublier d’étudier !

J’ouvre mon agenda orange flash rectangulaire tout mince… trois semaines, ça fait 3 fois 7, ça fait 21. 21 jours à remplir. Je ne veux plus voir le moindre bout de blanc sur ces 21 jours à suivre. Pas le moindre temps pour toi, pas la moindre petite minute de libre à pouvoir penser à ce que tu veux…. À qui tu veux… NE SOIS PAS BETE ! Occupe toi ma fille, vit et ne pense pas… en fait si… SOIS BETE.

Ce soir, tu iras à ce barbecue où tu ne connais personne. Tu achèteras de la viande et de l’alcool (même si tu n’as pas faim et que tu ne bois jamais) et te pointera à ce putin de barbec parce que tu as envie de te vider la tête et que n’importe quelle présence pourra te suffire dans l’état où tu es.
Alors allons voir des cons, qui boivent et qui dégueulent après. Je boirai aussi peut-être et je serai complètement saoule. (morte de rire… ça me fait toujours de l’effet de prendre mon désarroi comme le maux le plus gros que personne n’ai jamais eu à porter. Pendant quelques secondes ont prend un air à faire pitié, on se regarde dans la glace et on se dit que c’est la fin du monde. Le jeu c’est de rester sérieux le plus longtemps possible. Après c’est le gros fou rire et puis je redeviens normale. Oui je suis un peu triste, mais bon, y a pas de quoi ameuter mon cerveau tout entier !).  




Il est 8h44. Je n’arrive pas à me lever tard. Pourtant j’aimerais dormir le plus longtemps possible pour ne pas trop avoir à me demander ce que je vais faire de mes heures.
Toute l’année, je ne fais que dire « pas assez de temps pour moi » « j’aimerais avoir le temps de lire, de réfléchir, de dessiner, d’écrire ». Là j’ai le temps pour tout mais je n’ai le courage de rien faire. Il me manque quelque chose. Une présence. Mon poisson rouge ne suffit pas…
C’est difficile à accepter, mais je pense que j’ai besoin de toi. J’ai besoin que tu sois là, quelque part, pas trop loin. Savoir que je te verrai un jour de la semaine pour avoir envie de faire autre chose le reste du temps. Tu es beaucoup trop loin.

Si on avait posé un nom à nos rencontres, j’aurais sans doute profité pleinement de ces quelques semaines rien que pour moi. Mais rien n’est dit, rien n’est « conclu ». On n’est pas vraiment ensemble. On se voit, on est heureux. On se quitte, on se manque. Mais jamais on ne sait à quoi ressemblera la prochaine visite.

Je me souviens de ton histoire de « bide vide ». Je suis en plein dedans. Je me retrouve en face de ce petit corps vide qu’est le mien. Vanité. Tout n’était que vanité. Le monde, les gens, les distractions. En réalité, tout est creux, moi comme le monde. Et rien n’est plus effrayant que ce vide. Rien n’est plus effrayant que moi avec moi. Uniquement moi. Je fais table rase et me rend compte que tout est inutile. Cet inutile dont je dépends. Je me perds sans cet inutile, je ne vaux rien, ni avec, ni sans. Mais sans, j’en prends conscience.

Préserver un espace entre nous, c’est être certaine que tu ne seras jamais suffisamment proche de moi pour faire attention à mes défauts, à mes faiblesses, à moi qui ne suis rien, qui suis vide.
Si on s’était dit « on sort ensemble », j’aurais fui, de peur que tu te rendes compte de mon inconsistance.


Phrases pas belles. Mots… mieux. Rien que mots…
Vide. Inutilité. Corps lourd. Rien dedans. Rien est lourd. Pas comprendre. Tes bras. Envie de toi. Me manques. Peur de ne plus me reconnaître. Non pas peur. Je n’avoue pas, je n’ai pas envie d’avouer, mais en fait… je ne me reconnais déjà plus. Ou alors, c’est la première fois que je me reconnais… ? Si c’est le cas, je ne suis qu’un déchet. Un vieux déchet sans forme ni odeur. Assise devant ordinateur. Me tiens pas droite. Tête pèse et penche.

On se retrouve tous là, sur cette terre, comme des cons, à se demander ce qu’on va bien pouvoir faire de notre corps. Il est ici l’enfer. Sous les maisons, sous les vêtements, derrière la porte, après le bruit. Le Génie de l’homme c’est d’avoir trouvé le moyen de ne pas croiser son existence.

Est-ce que tu penses à moi ? Est-ce que tu m’appelleras quand tu rentres ? Est-ce que tu es parti pour prendre une décision ? Tu es parti pour prendre des vacances… mais est-ce que tu cherches une décision ? Ne prends pas de décision, je t’en supplie. Ne change rien. Reviens comme si tu n’étais pas parti.

Peur de moi. Moi me fait flipper. Ne me laisse pas toute seule avec moi. Ondine me fait peur.
Peur du noir = peur de soi. Ne plus rien voir, c’est ne plus comparer, c’est ne plus situer. Tout est relatif ? rien n’est relatif. Je suis seule et n’existe pas selon… donc n’existe pas tout cours.
Si. J’existe toute seule, mais ça n’a pas de sens. Je n’ai pas à vivre. Personne n’a à vivre. Qui est le connard qui est venu déposer de la vie sur cette planète ? Il se marre bien le vieux connard.
En tout cas, les enfants, avec leur peur du noir, sont bien plus philosophes que n’importe quelle vieille peau à la fin de sa vie.


Tout est décousu. J’ai du mal à me relire. Tu étais le fil conducteur de mon histoire… mais si tu n’es pas là, les mots perdent de leur sens.
J’essaye autre chose. Parlons de moi. Pas de moi qui parle de toi. Non. De moi qui parle de moi.
C’est ce que j’ai fait ces derniers jours, et mon texte perd de sa qualité. Ça a le mérite d’être clair ! Je suis inintéressante. Rien dans ma vie ne donne l’envie d’être lu.

Je vis dans un appartement que je partage avec Dominique, colocataire et amie de classe. C’est une française. Elle est rentrée à Paris pour les vacances. Donc là je suis seule, dans un 110m2. Le premier mois c’était génial. Tout ça pour moi toute seule ! J’ai l’impression d’être une riche femme d’affaires qui vit dans un appart sublîme !.... et qui s’emmerde… comme tous les gens trop friqués qui claquent des doigts et obtiennent tout ce qu’ils veulent et finissent par se rendre compte qu’ils ont tout, sauf l’essentiel.
Donc… mois d’août… je passe dans le mal être. Constantin est en Grèce et revient dans quelques semaines. Les potes sont loin de Bruxelles ou ont une méga seconde sess. Résultat, je ne vois pas grand monde. Ma sœur de temps à autre, qui me remonte un peu le moral (du moins je fais semblant… pour lui faire plaisir). 

Moi aussi j’ai une seconde sess. 3 examens à repasser en septembre. On approche trop vite de la première date et je n’ai pas encore commencé à étudier.
Comment le temps se débrouillera-t-il avec moi ? J’aimerais qu’il passe vite pour revoir Constantin et les copains d’école. J’aimerais qu’il passe lentement pour ne pas trop me soucier de mes exams. Je te fais tourner en bourrique hein ! Tu le mérite bien crois moi ! Toi qui ne cherche qu’à semer la pagaille, à faire avancer la vie trop vite. Tu fais vieillir les gens et attends qu’ils meurent.
Dans mon cas, tu n’as pas attendu que les gens vieillissent pour qu’ils s’en aillent.
Je n’ai pas confiance en toi. Trop imprévisible, trop inconstant.
Tu m’emmerdes. Tu le sais ça ? Toi et toutes les choses qui avez une main sur le monde et vous donnez le droit de le faire tourner à votre convenance.



Eh meeeerde. Tu me manques. Je ne sais que faire de mes journées. C’est pas les idées qui manquent pourtant… et puis il faudrait que j’étudie aussi.
Mais j’ai pas la force, j’ai pas envie. Je m’emmerde parce que  je ne fais rien et je ne fais rien parce que je ne suis pas bien, et je ne suis pas bien parce que je m’emmerde.
Alors quoi putin ? Il va falloir que je tienne dans cet état jusqu’à la rentrée ? (c’est pas la rentrée que j’attends, c’est toi…mais je protège mon amour propre).
Je ne t’enverrai pas de message parce que j’ai peur que tu ne répondes pas. Je préfère rester sans nouvelles parce que je ne t’en demande pas.
Comment les gens font-ils pour rester chez eux, seuls, des jours durant, des heures durant ? Dominique (ma colloc, vous vous souvenez ?), elle, elle peut rester enfermée des soirées entières. Elle rentre de l’école et ne ressort plus jusqu’au lendemain. Le week-end pareil. Elle a pas besoin de sortir. Elle a pas besoin de voir des gens. Elle a de la chance putin.
Je me rends compte que mon vocabulaire grossier est plutôt mince. « putin », « merde », « putin de merde »… y a pas autre chose pour me défouler ? « chiiite »… non trop contenu.
BORDEL !!!! Oui ça c’est bien ! BORDEL !!! ça peut se crier, c’est effrayant ! J’aime ça BORDEL !!!
Pfff… ça fait du bien… putin d’bordel de merde…
OK, c’est bon, j’ai craché.

Je suis de bonne humeur aujourd’hui. Comme toute femme qui se respecte, pour envoyer valser bien loin les petites choses qui me tracassent, je prends ma carte de banque, un peu de liquide, les clefs de ma voiture…. Mon GSM, ne pas oublier mon GSM ! Si ma sœur m’appelait et qu’elle tombait sur le répondeur, je serais bonne pour la morgue, ou pour un grave accident de voiture, ou pour une maladie incurable… c’est du moins tout ce dont elle serait capable de s’imaginer. Comme j’aime ma sœur et que je ne veux pas qu’elle s’inquiète… JE PRENDS MON TELEPHONE avec moi…PARTOUT ! Dans la sale de bain, dans la cuisine, dans le salon, sur ma table de nuit avant d’aller dormir (pour être certaine qu’elle me réveillera le lendemain matin de bonheur en commençant par « tu dormais ? »).

…Donc…je sors, et vais faire du shopping. Chance pour moi (ou pas, ça dépend des point de vues), c’est le jour où tout me va à merveille. Tout ce que j’essaye me donne l’impression d’être jolie. Je ne passe pas à côté de l’occasion d’être jolie. J’achète tout. Ça fait mal au portefeuille… ça donne des vacances au maux de cœur. Ensuite, puisque après une semaine de drache et de couleur morose dans le ciel, quelques rayons de couleur se pointent enfin le jour où j’avais besoin d’une renaissance… je vais me dorer les fesses sur ma terrasse au soleil.
(elle est longue la phrase hein ! Moi aussi j’ai du la relire plusieurs fois).

Après chaque point, je me lève et vais piocher dans mon paquet de M&M’s. Je pourrais les ramener près de moi… mais je préfère penser que je les mangerai moins vite si je les laisse à leur place.
Il faudrait que je me persuade d’arrêter d’en manger tout court, sinon je vais me taper une crise de foie.

Mis à part mes quelques folies au centre commercial… ma bonne humeur vient aussi du fait que, demain, je vais voir Sandra.
Sandra, c’est la fille de mon parrain. Quand j’étais petite, j’allais passer quelques jours de mes vacances d’été là-bas (à Namur). Elle a juste un an de moins que ma sœur. Elles étaient bonnes copines dans le temps. Et moi, j’étais la petite peste de sœur de la copine de Sandra.
Depuis, elles se sont un peu perdues de vue… alors je prends la relève. Maintenant, c’est moi qui embête Sandra. (ça fait beaucoup de « Sandra » tout ça… c’est bon ! On ne peut pas toujours écrire les choses parfaitement pour qu’elles semblent jolies à vos oreilles et gagnent la dignité d’êtres lue par vos yeux si sensibles à l’impatience !).

… en fait… quand j’aime fort les gens, j’ai du mal à parler d’eux. Mouais… pas très convainquant. C’est vrai que le fil de mon histoire, c’est tout de même Constantin. Mais je prendrai pour défense qu’il ne s’agit pas de la même catégorie de sentiments.
Ma sœur par exemple…
….

J’ai essayé de parler d’elle. J’ai écrit tout un paragraphe que j’ai décidé d’effacer parce que je n’y arrive pas.
Il y a des personnes que le cœur refuse d’offrir à l’esprit. L’esprit se ferait une joie d’en faire une description… mais jamais assez jolie. Je suis bien d’accord avec mon coeur. Garde la bien ma sœur… ne la laisse jamais partir. 

Bref. Pour Sandra (encore Sandra !) c’est la même chose. J’ai du mal à en parler. Donc voilà. Demain je vais chez elle. Je suis contente (vous êtes contents que je sois contente !).

L’esprit plutôt sarcastique, je remarque qu’aujourd’hui, mes mains sont au dessin plutôt qu’à l’écriture. De plus, mon paquet de M&M’s est vide. Fin de mon inspiration. Je retourne à mes crayons.



                                                                                           Bruxelles, jeudi 10 août 2006



                                              Cher monsieur Beine,


Vous seriez vous par hasard encombré d’un morceau de mon esprit en partant ? Regardez dans vos bagages, et ramenez le moi vite si vous l’avez… je souffre d’une étrange insuffisance cérébrale…
O.L.


Voilà ! Message envoyé. Tu n’as pas pu t’en empêcher hein ! Mes défauts prennent le dessus de mes qualités. Angoisse, impatience, prise de tête. Maintenant, j’attends une réponse. J’attends Constantin ET j’attends une réponse. J’avais vraiment besoin d’un souci en plus !

…..tu me manques.



J’ai passé un examen d’entrée plutôt trash pour étudier à la Cambre (école artistique). Quelques jours de travail non-stop, pas le temps de manger, à peine pour penser. On est une cinquantaine. Ils en prennent 10 max.
J’ai été nulle, j’ai fait de la merde. Faut même pas espérer. Je vais m’inscrire dans une autre école.

Je suis prise ! Je fais glisser mon doigt sur la feuille des « élus » et je tombe sur le mien. Je vérifie. C’est bien moi, je suis acceptée. Je suis à la Cambre. Je saute de joie style « miss Belgique ». Je suis ridicule, je suis euphorique.

J’aime repenser à ça. J’ai quand même eu de la chance.

Là je viens de terminer ma 2ème candi. J’ai 3 examens de passage et si je réussi j’entre en 3ème année. Année du premier diplôme. Ça passe quand même vite. 

Dans le fond, ma vie est plutôt cool. Je fais des études que j’aime, je partage un superbe appart avec une chouette colloc, je travaille au quick comme étudiante (c’est chiant, abrutissant et fatiguant, mais l’ambiance est bonne, les gens sympa et on est bien payé). J’aime écrire et je fais ça pas trop mal. J’ai de l’inspiration, de bonnes idées d’histoires.
J’ai une sœur adorable et des amis délirants.

Avec tout ça, pourquoi est-ce que je me sens mal ?



Bonne question. Mais pas de réponse, parce que pas envie de patauger encore une fois dans la désordre d’une vie d’homme.
Je remarque simplement que mon itinéraire effleure à peine la sérénité. Ou je déprime, je suis mal, je me ronge, je réfléchis trop. Ou je suis enragée de bonheur, je crie, je saute dans tous les sens, je fais un « Boogie Woogie » ridicule de sentiments extrapolés. Mais rare est le calme. Rare est le pied qui se pose doucement au sol et savoure les bienfaits de l’apaisement.


Pfoooou ! Je raconte vraiment n’importe quoi ! Je pose de jolis mots l’un derrière l’autre comme le ferait un enfant qui a retenu sans comprendre.
Cette période ou ma langue se prend pour ce qu’elle n’est pas. Elle s’emmêle et me fait raconter l’absurde = période de confusion = période où je ne devrais rien écrire.
Je m’arrête. Il faut que j’aille pisser de toute façon.


Etre amoureux c’est tellement kitch.




Voilà



Quoi, il faut que j’explique ?
Mon téléphone sonne. Comme chaque fois, j’espère de tout mon cœur que ce sera lui et je prévois d’être déçue. Le numéro me donne espoir, pas de nom qui s’affiche, plus de chiffres que d’habitude. « Allo ? »… « salut Ondine, c’est Kost »………
………………………. Pffffffffff………. J’ai déjà envie de sauter de joie, de dire merci à la terre entière, à Dieu qui existe ou pas, à ma famille au paradis ou autre part. Mais je contiens, je pause ma voix. J’écoute et je réponds. « ça me fait plaisir de t’avoir ». Il a retrouvé quelques morceaux de mon esprit dans les coquillages. Il les rassemble et me les ramènera. Quand il rentre, il veut me voir. IL VEUT ME VOIR. La conversation n’est pas longue. Pas grave, je déteste le téléphone. Juste de quoi ranimer un corps. Je l’aime putin.
« ça me fait plaisir de t’avoir »… je suis pas très forte pour ce qui est de la sincère expression de mon coeur. Ça m’a fait plus que plaisir, plus que du bien, plus que je ne puisse dire.
Je n’avais pas ressenti ça depuis l’adolescence. Je suis une actrice de série d’amour bidon. Je crie merci et couvre le sol de ma chambre avec sauts et pas de danse. Je suis amoureuse. Pourquoi ce mot a-t-il perdu tant de sens ? Plus je le dis, plus je trouve ça faux, plastique.  Pourtant il est juste. Pas envie de détourner avec des métaphores et autres  subterfuges. Oui c’est « je suis amoureuse » le plus approprié, oui c’est comme ça, oui ça fait bête, oui j’aime ça. J’ai 15 ans, je veux devenir écrivain et je commence avec des poèmes sur le petit copain du moment. Je chuchote des secrets dans les oreilles de mes copines qui étouffent des rires discrets en regardant l’intéressé. Je suis une ado ridicule. J’ai 22 ans et je trouve les ados ridicules et je me trouve ado et ça me fait rire, et ça me fait du bien.


Merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci….à plus… (le bonheur n’est pas le bon compagnon de l’écriture. Je prends congé pour un moment).




Petite culotte sur chaise froide devant l’ordinateur. Je me les gèle. Il fait moche. Vacances d’été… il fait dégueu. Ce soir je dors dans le salon. La pluie a envahit mon lit. L’eau a transpercé mon matelas, mes coussins sont éponges, le sol est lac. Ça t’apprendra va. On ne laisse pas une fenêtre grande ouverte au-dessus de son lit. Même en plein mois d’août, en Belgique, il peut toujours pleuvoir. Si je recommence l’an prochain, je vous parie le bonhomme de neige sur ma table de nuit !
Chair de poule, tétons pointus. Mes seins se demandent quand est-ce que la conne ira se recouvrir. Le nu est beau, le nu est bon. Je n’irai pas me rhabiller ce soir.

Me coucherai peau contre tissu rêche du divan rouge.

Salut.


Je me suis inscrite à un stage de théâtre pour occuper la dernière semaine qui me sépare du retour de Constantin.
…non mais je rêve…