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Idée :
« enfant à mi-temps » ??
Nous suivons le chemin d’une petite fille qui ramasse des objets, écoute les choses, les sent…. On se demande ce qu’elle fait. Une fois son objet fabriqué, on comprend : elle construisait un objet qui reproduit le bruit d’un cœur. → le cœur de qui ? de son ours en peluche (elle avait demandé à sa maman pk il ne parlait pas et elle lui a répondu qu’il n’avait pas de cœur). / ou de son papa qui est mort ou qui est malade et a besoin d’un cœur ??? un peu pathétique non ? / ou de sa grand-mère qui dit tjs « ah… mon cœur… il est fâtigué ».
Ou bien….
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Y aurait-il un ciel ?
Je me suis allongée sur mon fauteuil pour attendre. Attendre 16h…. attendre 17h pour finir… Mon copain qui devait passer me voir. Jamais je ne me suis sentie aussi seule. Je me suis endormie ? ou peut-être étais-je en transe, dans une sorte d’hallucination. L’endroit était le même, mon salon, un divan, une horloge qui me présentait l’heure comme une interminable attente. Je jetais quelques coups d’oeils sur la progression de la grande aiguille ; ou plutôt j’essayais. J’avais beau faire appel à mon corps, il dormait profondément, je finissais par tourner la tête difficilement, mes yeux ne suivaient pas, gênés par des paupières lourdes et têtues. Je les tirais vers le haut avec des doigts imaginaires, mais rien n’y faisait. J’essayais alors de me lever, de jeter mes jambes hors du divan… mon corps s’est dédoublé. Mon esprit, celui qui voulait que je me lève, que j’aille ouvrir à mon ami qui attendait derrière la porte s’est redressé. Sur lui j’avais le contrôle. C’était mon corps, mon visage, ma voix…. Identique…mais sans densité. Copie conforme que je différenciais sans difficulté. Mon corps, compacte, avec ses couleurs et sa masse me ressemblait moins que la « copie », légère et translucide mais pensante. Etait-ce mon âme ? le début d’une mort qui s’est ravisée ?
Quand je dirai « moi » c’est mon dédoublement, le truc translucide que j’ai été le temps d’un rêve(?)… ou appelez ça comme vous voulez ! Je me suis donc levée, j’ai rencontré des gens de même nature qui déambulaient dans mon appartement, dans un bonheur malsain. Je leur souriais de peur, ils disparaissaient. Mon corps était toujours là, lourd et mortellement immobile sur mon canapé. Mon copain frappait toujours à la porte ou il sonnait, je ne sais plus. Peut-être que tout cela se passait chez les voisins du dessous finalement. Je voulais ouvrir, je voulais bouger, je voulais vivre. J’y arrivais très bien toute seule, pas besoin de ce corps inerte et trop lourd… mais pas une seule seconde je n’ai pensé aller ouvrir la porte comme ça. Je ne pouvais pas, il me fallait cette chair. Je l’ai secoué, je me suis secouée ! Je tirais sur ses jambes, je mordis ses bras. – Allez vient ! Il faut que j’aille ouvrir, il attend derrière la porte ! il va être fâché ! Je veux vivre moi, je veux vivre… je préfère rester ici !
Etait-ce un test du ciel ? Fallait-il que je prouve mon envie de rester sur terre, montrer que je n’en avais pas encore fini avec la vie ?
Ensuite j’ai appelé ma sœur, je lui ai raconté. – et maintenant t’es comment ? – un fantôme – … – Non, ça va je suis réveillée ! Fin de digression sur un ton dérisoire
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Le géant et les lilliputiens.
Dans la plus grande forêt du monde, vivent et règnent les géants. Majestueux, énormes, bruyants, ils passent leur temps à faire la guerre ; la guerre pour le plaisir. Tout était paisible il y a quelques années…, trop paisible peut-être. Le temps passait lentement, les journées se ressemblaient toutes, interminables. C’est ainsi, qu’un jour, deux géants, amis comme les deux doigts de la main, décidèrent de faire la guerre. Aucune dispute, pas un malentendu, mais seule l’ennui leur avait donné cette idée là. Les deux amis avaient alors monté un plan, feignant de se disputer pour une stupide raison qu’aujourd’hui tout le monde avait oubliée, et entraînant petit à petit les autres géants dans l’un ou l’autre camp. Le plan avait fonctionné à merveille. Aujourd’hui, les terres étaient séparées en deux territoires que les géants protégeaient jour et nuit. Tout tournait autour de l’envie de conquérir le territoire ennemi et de protéger le sien.
OU
Les géants s’amusent à faire la guerre à longueur de journée. Ils sont énormes, bêtes et brutes. Leur vie n’a rien de très palpitant, mais ils s’en contentent, ne rêvent de rien d’autre que de nourriture et de bataille.
Un d’eux est différent. Il ne va pas faire la guerre avec les autres et il rêve. Il est fasciné par le minuscule, et est très agile de ses mains. Avec ses gros doigts dodus, pendant que les autres sont à la guerre, il reproduit des paysages, fabrique des objets, imagine des gens, des habitations ; tout ça, à l’échelle la plus petite possible. C’est un gros personnage au cœur tendre et à fleur de peau. Sans cesse, il subit les moqueries de ses confrères et se fait rappeler qu’il est différent. Mais son monde à lui est bien plus intéressant.
……………………
Le lendemain d’une nuit festive où l’alcool coula un peu trop, les géants se mirent à se battre plus intensément que jamais. Ils s’entretuèrent tous. C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, nous n’accordons aux géants qu’une existence à travers les légendes. Ceux-ci ont pourtant bien existé, mais ont été assez stupides pour éteindre leur propre race. Ou presque… car un géant, ce jour là, n’était pas à la guerre. Peut-être qu’aujourd’hui, il existe toujours ; les géants ont une très longue vie.
Un gargoulli dans le ventre rappela le géant à l’ordre et le fit regagner le terre, lui confirmant bien que certains besoins ne pouvaient se satisfaire par le rêve. Il s’aperçu alors du calme qui régnait soudain. Il trouva tous les géants morts, entretués, ou peu être tués par un monstre, une bête encore plus énorme qu’eux, que lui. Il fallait fuir, très vite, partir loin d’ici.
Il arrive dans une petite clairière et s’assied pour reprendre son souffle. Il a posé le derrière sur un gros champignon. Justement il avait faim ! Il en arrache un gros morceau et l’avale sans mâcher. Des sont imperceptibles viennent de quelque part, sous lui, dans le champignon ! Il s’est assis sur une famille de lilliputiens qui avait élu domicile à l’intérieur du gros champignon qu’il était en train d’avaler. Il se leva et regarda de plus près. Une mère tenait son bébé contre son cœur, et des enfants pleuraient. Un vieil homme brandissait sa canne et l’agitait sous le nez du géant. Un autre homme, plus jeune, sortait un œil de dessous un lit occupé par une veille femme qui n’avait pas l’air en bonne santé. Le géant était confu, et par des gestes maladroit essayait de leur montrer qu’il ne leur voulait pas de mal.
OU
Il tombe sur une ville entière de lilliputiens. C’est magnifique, grand et minuscule à la fois, comme Las Vegas qu’on aurait rétrécit des milliards de fois. Tout est précis, raffiné ; plein de couleurs, de matières inconnues. Le géant est en plein rêve, le sourire essaye de dépasser les limites de son visage. Ses grands yeux pétillent devant la richesse du micro monde.
Il se liera d’amitié avec tous ces habitant, et ils échangeront ensemble les richesses de leurs deux échelles de vie.
……………………
Détails sympa : Le géant prendra sous son aile les clochards et sans abris de la ville. Il empile des chapeaux sur sa tête et coud des poches un peu partout sur ses vêtements. Les minuscules personnages emménageront dans les « bricolages » du géant. Certains occupent des poches, d’autre un chapeau, ….
……….
Anecdote : Le géant veut de la glace et les habitants de ses chapeaux aussi. Tous veulent une, deux, trois boules. Mais ça devient compliqué ! Chacun a droit a une boule au goût de son choix, qui sera placée sur le cornet en fonction de l’étage de son habitation (du chapeau). Mais le géant mange sa boule trop vite (celle de tout en dessous) et décale tous les goûts. Les lilliputiens râlent parce que tout est chamboulé, ils doivent changer de chapeau pour atteindre leur boule. Certains sont bien contents, parce que leur goût de leur propre boule ne leur plaisait pas ; alors ils chipent chez les autres, se font gronder, ….
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Une enfant attends son papa qui est au travail. Elle adore monter sur ses épaules et se promener avec lui. Quand son papa est au travail, elle est triste, elle s’ennuie. Elle va alors essayer le dos de diverses choses pour retrouver les mêmes sensations qu’avec son papa….mais rien n’y fait.
- Elle marche, la tête baissée, triste, les pieds qui traînent. Elle soupire. Elle s’assoie sur un rocher…. Celui-ci commence à bouger et se met en marche ; c’est un animal (tortue, hyppo, ours… ?). Elle se ravive un peu…. Peut-être pourrait-elle retrouver les mêmes sensations que sur les épaules de son papa ?...mais quelque chose ne va pas. Elle descend alors du dos de l’animal, monte sur un autre….jusqu’à se rendre compte qu’elle ne trouvera pas. Son papa revient alors du travail (ou bien c’est elle qui arrive devant le travail de son papa, dépitée devant l’entrée du batiment ; son papa sort et elle saute sur ses épaules…ils rentrent chez eux).
- son papa est mort, elle ne retrouvera jamais ce qu’elle cherche… son papa lui manquera pr tjs… → plus difficile à faire comprendre.
Le spectateur suit la petite et ne comprend pas ce qu’elle cherche. Progressivement, on comprend qu’elle essaye de retrouver un souvenir, un sensation…. Ce n’est qu’à la fin qu’on donne l’information du papa.
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La grande dame
La grande dame est une magicienne gigantesque. Elle est si grande que son visage arrive à la même hauteur que la lune. La légende dit qu’elle exauce les plus extraordinaires des souhaits. Pour lui parler et lui demander d’exaucer un souhait (chacun n’a droit qu’à un unique vœux), il vaut arriver jusqu’à son visage pour pouvoir lui parler, parce qu’elle, ne s’abaissera jamais à la hauteur de l’homme. Elle a bien trop de fierté et d’orgueil pour ça.
Jusqu’ici, on a trouvé que deux moyen pour l’atteindre : • lui grimper dessus, partir de ses pieds et l’escalader jusqu’à arriver à la tête. Tous ceux qui ont utilisé ce moyen sont mort de faim, de soif et de fatigues ; restés accrochés à sa robe. Des centaines de morts, des vieux morts squelettiques, des nouveaux morts, des moyens morts en train de pourrir, recouvrent sa tunique. L’hiver elle laisse faire, ça la réchauffe. Quand revient l’été elle se secoue une bonne fois et éjecte des morts partout… ils retombent dans différents pays du monde. (le début de l’histoire commence comme ça : dans une ville, un village, on voit tomber des morts du ciel. Un vieil homme qui n’a pas l’air de s’en étonner dit « ce n’est rien… c’est la grande dame » et il commence à raconter l’histoire). • Il existe un oiseau magique, extrêmement rare. Si on l’embrasse, on peut voler pour une période limitée dans le temps. Certains hommes sont un jour tombé sur cet oiseau, ils l’ont embrassé et se sont mis à voler jusqu’à la lune. Là, ils se posent et parlent à la grande dame. Jamais nous n’avons su ce qu’étaient les vœux de ces hommes. Quand on les voyait revenir de leur voyage, ils ne prétendaient pas raconter ce qu’il s’était passé… et on n’a jamais remarqué chez ces hommes un changement visible dans leur façon de vivre. On pense tous que la grande dame leur demandait de garder le secret.
… on voit un homme qui se pose sur la lune, fier de lui. La grande dame sourit et lui dit qu’elle connaît déjà son vœu. L’homme s’en étonne parce qu’il n’est pas certain lui-même de ce qu’il va lui demander. Elle lui dit « tu vas me demander de te faire redescendre de là ». L’homme est un peu saisit. C’est vrai, il n’a plus l’effet de vol, il se retrouve coincé là. La grande dame le prend entre ses grands doigts et le repose à terre, à des miles lieues en dessous. Elle s’en va en disant « les hommes sont stupides ».
… un autre homme qui se pose sur la lune. Même chose, elle lui dit qu’elle connaît son vœu. Elle ajoute qu’un jour, un homme ne l’a pas laissée parler et lui a demandé de le faire devenir riche. Elle l’a couvert d’or… la lune entière brillait d’or. L’homme saute de joie, il est heureux. La grande dame le regarde, désolée. Il périt sur cette lune, avec son or, sans pouvoir en faire quoi que ce soit. L’homme qu’elle a prévenu lui demande alors de le faire redescendre. Elle s’en va en disant « les hommes sont stupides ».
…. Un jour, un homme très malin, heureux et ne manquant de rien, tombe sur l’oiseau magique. Il pense aller voir cette grande dame, même s’il n’a besoin de rien et qu’il n’a aucun vœu à lui faire exaucer. Plus malin que les autres, il embrasse l’oiseau, mais l’attrape aussi, et le prend avec lui dans sa poche. Il vole jusqu’à la lune. Il se pose devant la grande dame. Elle lui dit « je connais déjà ton vœu ». Lui répond « tu te trompe, je ne souhaite rien ». Elle sourit et réplique « même pas que je te fasse descendre de cette lune sur laquelle tu te retrouves coincé ? ». « tu te trompe encore, je ne suis pas coincé, j’ai emporté un moyen de redescendre » et il sort l’oiseau de sa ;poche pour lui montrer. La grande dame est confuse. « pourquoi viens tu me voir alors ? ». « par curiosité, voir à quoi ressemble la grande magicienne ». « j’ai une question à te pauser et ensuite je m’en irai ». « vas-y je t’écoute » « es-tu capable d’exaucer le moindre souhait, de faire quelque tour de magie que ce soit ? » La dame sourit, elle le trouve malin et sympathique. « non, pas le moindre… les hommes finissant tous par me demander la même chose ». Satisfait, l’homme redescend sur terre et la grande dame s’en va en disant « tous les hommes sont stupides, sauf un… ».
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I
Les grands chiens malades émigrent souvent vers la poussière. Gunther en est. Gunther est l'un de ces chiens à poils. Gunther rampe alors que la chienne blanche le regarde, il rampe vers la berge, là où la poussière est tassée et chaude. Grains de sable moites épris de touffe de sang séché, tu connais? Tu connais ça Gunther? La chienne matte Gunther et le museau de Gunther dans le sable sent la poubelle. Peau de banane. Les colliers de cuir sont passés au trou. Beaucoup de chiens nichent le long de la berge. Parfois, des enfants dorment dans des niches abandonnées. Un enfant à la peau mate bronze là dans le sable à trois pas de Gunther. Gunther avec ses crocs blancs et ses pattes rouges. Les pieds de l’enfant dans le sable chaud. Les grains de sable gris et noir et beige entre les orteils de l’enfant. Un ongle rouge. Gunther bave devant l’enfant. Gunther se couche et dort à côté de l’enfant en attendant qu’il se réveille et lui passe les doigts dans les poils de la nuque. Gunther ferme les yeux et sent les doigts de l’enfant qui frottent et détachent et décollent les touffes de poil plaquées de sang séché. Gunther rêve de doigts d’enfant. Paupière battante, vibration de cils, mouvement d’épaule et la tête se retourne : l’enfant réveillé couché dans le sable à côté de Gunther regarde Gunther dormir, sans un mot, sans un souffle, caresse les poils entre les oreilles, décolle des touffes rouges brunâtres.
Sur fond de contact, ils chantonnent et c’est clair et bon. Intelligible. Bon pour l’oreille, bon pour le repos. Juste des faits. Juste les faits de ceux qui les écoutent. Des chiens assoupis, truffes dans le sable, oreilles dressées pointées vers les gosses qui racontent, parfois les oreilles plient et retombent pour cause de sommeil trop pesant. L’enfant raconte bien. Les chiens ne veulent pas dormir. Les enfants content les faits des chiens jusqu’à ce qu’ils reviennent et s’assoupissent, sang contre sable, doigts qui traficotent et dénouent les pelotes de poil de la journée, contes simples, juste des faits, des faits cohérents qui rendent les journées simples et bien remplies.
Chuchote à l’oreille de Gunther. Nico, blanche et glabre et blafarde mais belle. Nico observe certains chiens sur la rive. L’enfant parle à l’oreille de Gunther et glisse à quel point Nico insiste de ses paupières pesantes sur la présence de Gunther, le soir. Toute la journée Nico attend sur la rive ou à l’ombre sur la rive, avec les autres chiens glabres et les enfants qui dorment avant de parler aux chiens de leurs faits de la journée. En sursaut entre deux rêves l’enfant ouvre les yeux et aperçoit Nico patiente face au vent, Nico cligne des yeux dans les rafales de grains de sable soulevés par le vent. Nico attend Gunther et l’enfant le sait et le dit à Gunther, c’est comme ça toute la journée, c’est comme ça tous les jours. Gunther doit croire l’enfant parce que l’enfant lui sait que Nico attend Gunther. Même si les enfants dorment la journée sur la rive avant de parler aux chiens qui reviennent. Même si les enfants ne se réveillent pas avant le retour des chiens en fin de journée. Même s’ils ne se grattent que la nuit. Cet enfant là se réveille le jour. Il aperçoit Nico qui guette le retour de Gunther lorsqu’il se réveille le jour. Il ne se gratte que la nuit, comme les autres enfants, mais il se réveille le jour, lui, et il aperçoit Nico et l’observe. Il le promet à Gunther.
La chienne a faim. Les taches roses sur son ventre vont et viennent au rythme de sa respiration, sa langue sêche pend et frotte ses canines, le souffle rauque de sa respiration, elle regarde au loin. Du sable crisse dans ses dents. Ses coussinets roses calmes. Elle ne rampe plus vers l’eau depuis longtemps, longtemps qu’elle sait que l’eau est salée, imbuvable. Elle ne fait qu’attendre, attendre et voir. Voir les corps brunir sur les plages. Voir les vagues lêcher les pieds des corps mats. Voir les plaies cicatriser au sel au soleil. Voir les taches qui restent des plaies grattées sans cesse. Voir les corps s’activer. Voir les chiens revenir et les corps s’activer se dresser et tendre leurs membres fins. Les doigts grattent la peau. Les ongles décolent les touffes plaquées, brunes, le rouge est sombre. Doucement. Les mentons s’avancent, les lèvres frémissent, des pointes de langues qui effleurent des incisives. Elle voit les bouches qui tremblent et racontent lentement les faits des chiens aux chiens les chiens s’endorment. L’enfant parle à Gunther. Corps blanc, glabre, taches roses par là. Langue rose pend, soif, Nico. L’enfant raconte Nico à Gunther. Le corps pesant affalé sur le sable. Les bras poussent et les doigts glissent et s’enfoncent. La tête lutte pour s’approcher de l’oreille. Les yeux fermés voient les efforts du chiens sensible qui capte la force de l’enfant pour lui faire entendre l’attitude de Nico. Le crâne rasé parle à Gunther. Nico. Et Gunther aujourd’hui ne s’endort pas dès qu’il est couché. Gunther attend la fin de la phrase de l’enfant. Nico, fatiguée, attend le retour de Gunther.
Gunther dort. L’enfant raconte et gratte sous l’œil pudique de Nico pendant la nuit qui passe. Pendant les les récits des faits des chiens. Pendant les interminables caresses des enfants aux chiens tout le long de la rive. Les ongles grattent les plaies et les doigts déposent le sang des plaies dans les poils des chiens. C’est ainsi sur la rive. C’est ainsi la nuit jusqu’à ce que les chiens glabres s’endorment à leur tour. Alors seulement les enfants s’activent et rampent vers ces corps glabres, alors les récits cessent et seul le son des membres qui trainent et rampent dans le sable se fait entendre, seuls les grains de sable crissent sous les ongles et dans les plaies des enfants qui rampent. Au bout des quelques mètres ou dizaines de mètres les enfants rejoignent les corps épuisés et ils ouvrent les bouches et laissent couler la salive qu’ils accumulent depuis le début de la nuit, depuis le début des monologues des faits. Et les corps blancs de s’abreuver dans le silence qui suit. Les corps mats de se vider du jus des faits. L’enfant cette nuit nourrit Nico qui dort sans savoir qu’elle est nourrie par celui qui chuchote à l’oreille de Gunther. Gunther.
L’œil ouvert l’enfant voit. La chienne voit l’œil ouvert de l’enfant et glapit et l’enfant l’entend, cette fois. Il y a les bandes de sable tout le long des plages, avec des troncs de bois errodés mi-ensevelis et touffes d’herbes qui dépassent dans le vent. Il y a tous ces corps couchés au soleil endormis malgré la chaleur et le sable dans les orifices. Il y a tout ce monde silencieux et statique dans le courant du vent qui transporte des grains d’un corps à l’autre mais il y a aussi l’enfant l’oeil ouvert et Nico qui se scrutent pour la première fois. Rien à part des grains ne bouge et pourtant il se passe quelque chose dans ces regards partagés. Comme s’ils observaient leur propre regard. Comme s’ils comprenaient qu’il y avait leur regard en plus du silence et du reste. Une chienne glabre s’appelle Nico, elle a glapi et finalement un des enfants endormis a ouvert un œil et maintenant la regarde, l’enfant qui chuchote à l’oreille de Gunther a ouvert les yeux en plein jour et regarde Nico.
Du jus coule dans la bouche. Epuisée, les yeux fermés. C’est maintenant, après tout ce temps, après le long récit des faits, la salive dans les joues dans la bouche se déverse dans la bouche de Nico, long filet de bave épaisse, presque sêche. Nico reprend des forces, l’enfant garde sa tête yeux fermés au dessus de celle de Nico, sa bouche entrouverte au dessus de celle de Nico. Et le silence qui assiste le repas quotidien, le silence pour la première fois oublié au moment où l’enfant concentre ses forces pour doucement refermer des lèvres et sectionner le flux continu de bave avant de les rouvrir et laisser s’échapper le reste des réserves et Nico qui sent la différence et soulève comme elle peut ses paupières et voit la tête de l’enfant yeux clos. Le silence pour la première fois oublié. La salive ne coule plus, les joues vides, l’enfant lève la tête et la tourne au ralenti en direction du chien couché plus loin juste là et l’enfant qui tout à coup dans un effort qui se suffit écarte ses mâchoires et rompt le silence. La bouche frêle et vide prononce et c’est à peine audible. Gunther.
La nuit prochaine. Peut être la nuit prochaine. L’enfant sera parti et ce sera le jour. Si la nuit prochaine lorsque Gunther arrive de derrière les dunes l’enfant n’est plus là. Elle voit déjà ses griffes racler le sol et les poils de ses cuisses laisser des traces, ranyures dans le sable derrière elles. Elle voit les paupières lourdes qui précèdent le corps épaix dans son ultime effort. Elle voit la masse s’approcher et la dominer de toute sa taille, elle se voit impressionnée par cette masse qu’elle n’a jamais vu que de loin, elle la voit s’effondrer sur elle de tout son poids la pénétrer de son membre large inusé. Elle sent déjà un souffle rauque dans son oreille, la vie rentrer en elle avec le râle qui la hante depuis que sa mère, elle voit pour la première fois sa mère. Elle réalise soudain qu’elle vient d’une autre, une autre a attendu le départ d’un enfant pour accueillir en son sein le membre d’un mâle. Un Gunther. Demain, si l’enfant n’est pas là, demain Gunther viendra se coucher sur elle. Demain elle saura peut être quelque chose qui lui vient d’avant. Elle se calme, pour l’heure elle se calme, elle ne s’est plus sentie aussi agitée depuis longtemps, elle ne se rappelle plus quand. Elle s’endort, demain peut être, pour l’instant elle s’endort.
Tu sais pas cacher ton visage tout la journée hein. La grève reflète la personnalité et les désirs de ses occupants. A part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse. une langue plus raide
Des doigts plongent dans la boue, boue grise ou beige de sable et d’argile, des doigts dans la boue et de petits cailloux crissent sous les ongles au bout des doigts là où la peau s’effrite à racler de la pierre. Pâte lourde. Lourde dans la main. L’enfant couché dans l’eau a de l’eau qui lui rentre dans la bouche, avec du sable qui flotte et voyage avec l’eau, là où va l’eau, dans sa bouche. Son corps à moitié immergé, les membres qui s’enfoncent petit à petit dans le sable à force de vagues qui s’écrasent et l’encerclent sur le bord de la plage, comme tous les jours. Beaucoup des enfants présents sont comme ça, au bord de l’eau, la tête flottante, yeux mi-clos ou fermés au soleil qui tape sur des paupières inertes, cercle jaune sur fond de voile rouge et le sel de l’eau qui irrite le palais, petits crustacés retirent des grains de sable entre des molaires. Toute la journée, sans attendre, juste vivre comme ça, au soleil, puis dans la nuit, à raconter des hsitoires vraies aux chiens, à abreuver d’autres chiens avant le petit matin, à l’aurore, pour que ça tourne.
Certains rêvent la nuit du grand raid. Tous se regroupent, les enfants rencontrent les enfants, les chiens glabres se réunissent et plus imposant est la meute des chiens à poils, ceux qui lancent le départ, eux connaissent le chemin, les enfants en derniers suivent les traces de la masse canine qui a filé derrière les dunes, la course est terrible. Plus rien ne reste sur la plage, les rives sont désertes, il ne reste que des branches cassées ou des troncs, du sable et des crabes qui cherchent l’ombre, des empreintes de disparition. A la recherche, de l’autre côté des dunes, là où les chiens vont la journée, là où se passent les choses que les enfants rappellent la nuit. Le grand raid. Celui qui engage tout le monde. Tous ces êtres qui courent et filent ensemble, une seule masse, longue, fluide, décidée, consciente. Certains en rêvent la nuit et y pensent le jour. Des enfants pensent le jour couchés brûlants, ils pensent au grand raid et ne pensent qu’à ça alors que les autres ne pensent pas dorment ou respirent, simplement, alors que le soleil tape et qu’ils ont chaud, sans le savoir, cuisent au soleil pas loin d’autres qui revoient toujours cette même scène de cortège unique, éternel, fuyant, s’accrochent à cette idée et ne voient que ça, en oublient les chiens et les chiennes, les faits et la salive qu’ils laissent s’écouler sans penser, les désirs de ses occupants. La grève reflète la personnalité et les désirs de ses occupants.
L’enfant garde un œil ouvert pour voir Nico. Les gestes de son muscle occulaire sont lents, sa paupière lourde, mais il se sent vif, bien plus vif. Son œil travaille pour changer de cible. La mise au point est lente, l’au-delà de Nico est flou, dans le flou une ombre bouge, son regard s’adapte. Loin, bien plus loin que Nico, l’enfant voit un chien debout qui marche. Une ombre derrière Nico marche et l’enfant ne sait pas d’où il tient ça mais il sait que c’est un chien errant qui marche, un chien errant. Nico a peur, Nico voit le regard de l’enfant concentré derrière elle et elle ressent de la peur, inexplicable.
Certains enfants ont des plaies bien plus croutées et boursoufflées. Des chiens aboient, ils hurlent. Ce sont les molosses. Masse de muscles à poils mi-longs flanquée de pattes épaisses et lourdes, les griffes trainent dans le sable et les empreintes sont profondes. Des dogues semblables à Gunther mais qui marchent au loin et parfois gueulent. De loin des chiens gueulent, de près on ne les voit pas, jamais. Maintenant les plaies crouttées des enfants saignent, heures les plus froides de la nuit où les plaques de sang séché se craquèlent. Du sang coule sur des enfants. Souffle rauque pas loin, tout près, en silence, bruits étouffés par le sol moelleux. Griffe au fond, lape, arrache avale, vite, avant la fin des récits, avant l’abreuvement des chiennes glabres.
Pas la force de se trainer. La truffe dure, sêche, douloureuse. Coussinets moites et regard brumeux, boîte crânienne chauffante, cerveau vaporeux, respiration lente et souffle irrégulier, couché là dans le sable, juste à côté, à côté d’une pierre bouillante intouchable. Le
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Tu me manques. Seulement ça.
Chatouille du ventre. Tout découle si naturellement. Tout est vrai jusqu’à mon estomac. Il faut tout ---------------- e------cr----ir------------------e-------------------------------- . LE malheeur est dans la tê te ? je voulais dir e LETTRE, le malheur est dans la lettre.
Ris de moi. Les doigts pleins de parasites. Mes mains sont des araignées. Il faut dessiner. Je dessine mieux quand j’écris. Je crée un livre illustré sans images. Souvent c’est en noir et blanc. Mon estomac en couleur. Mes mains noir et blanc. Mon e-s-t-o-m-a-c en couleur. Lignes nettes. Noires. Nette, noires, mais je ne les retiens pas. Les couleurs délimitées. Limites changent à chaque fois. Je ne les retiens pas.
Brouille la vraie image j’en invente une nouvelle. Plus belle.
Tu envahis. Le corps aime les sensations désagréables qui le font vivre. Ma tête vivait. MA tête vivait très bien san s toi. Les let tres se rompent et les images ne respirent pas.
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Le monde est rouge et les hommes sont gris.
Petit lapin rouge. Homme marié sourit. Je suis/t le lapin rouge qui me montre mon enfant. Homme sourit. J’ai peur qu’ils s’en aillent. Gris sourit. Il me semble triste. Triste dans son costume rouge que le lapin lui a prêté. Plus triste que le gris, le rouge crie sans rien dire. Je n’aime pas le rouge, il ment. Je n’aime pas le gris, il est trop conciliant.
J’ai la tête sous les bras… comme lorsque tu les soulèves bien haut, pour tirer sur mon rire. Je n’aime pas ça.
Je veux la peau fine de ta joue dans ma main droite. Je veux tes cheveux bruns entre les doigts. J’embrasse ton front du baiser le plus facile. Juste je dépose et fais glisser ma main sur la suite. Je protège la suite avec ton front.
J’ai le ventre qui gonfle et le dos qui se plie. Le bout de mon nombril est pour nous deux. Partage narcissique d’un nouvel homme orgueilleux.
Le monde entier est rouge et les humains sont gris.
Je suis grise aussi… parfois. Une putin de grise comme tous les autres. Je perds ma couleur dès que quelqu’un me touche. Gardez pour vous les choses normales. Elles puent la maladie.
Mais je n’aime pas être seule. Ne me touchez pas, c’est moi qui vous touche.
Mon mari a gardé le costume rouge. Il crie. - Enlève ton manteau ! Je ne t’entends pas ! Il enlève le manteau et le pose sur mes épaules. Alors c’est moi qui hurle le silence et c’est lui qui parle. - JE T’AIME ! IL croit qu’il est obligé de parler fort. Je tire sur l’encombrant et je réponds en même temps : - mngnnnnn…gnnnnni…aussi Le rouge tombe et je répète. - Je t’aime aussi
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